L'indemnité kilométrique permet à l'employeur de rembourser forfaitairement les frais de déplacement professionnel des salariés et dirigeants utilisant leur véhicule personnel. Ce montant exonéré de cotisations sociales couvre la décote, l'entretien, le carburant et l'assurance, à l'exclusion des péages et stationnements. Pour en bénéficier, le trajet doit être justifié et rigoureusement tracé. En 2026, le barème officiel de l'administration fiscale reste identique aux années précédentes, avec une majoration de 20 % maintenue pour les véhicules 100 % électriques. Ce dispositif se distingue du Forfait mobilités durables (FMD), une aide facultative et plafonnée (jusqu'à 600 ou 900 € par an) dédiée, elle, aux trajets domicile-travail en modes de transport doux ou alternatifs.
L'indemnité kilométrique correspond au remboursement forfaitaire des frais qu'un salarié ou un dirigeant engage lorsqu'il utilise son véhicule personnel pour des besoins professionnels. Concrètement, plutôt que de demander à votre collaborateur de conserver chaque ticket de carburant ou facture d'entretien, vous lui versez une somme calculée à partir d'un barème officiel, proportionnelle à la distance parcourue et à la puissance fiscale du véhicule.
Ce montant forfaitaire couvre un ensemble de dépenses liées à l'utilisation du véhicule : la dépréciation du véhicule dans le temps, les frais de réparation et d'entretien, les pneumatiques, la consommation de carburant, ainsi que les primes d'assurance. En clair, l'indemnité absorbe la quasi-totalité des coûts liés à l'usage professionnel d'une voiture ou d'un deux-roues personnel.
En revanche, deux postes de dépenses restent exclus du barème et doivent être remboursés à part, sur présentation de justificatifs : les frais de péage et les frais de stationnement. Si votre salarié emprunte régulièrement l'autoroute pour se rendre chez un client, ces frais viennent donc s'ajouter au calcul de l'indemnité kilométrique, et non s'y substituer.
Tous les collaborateurs ne sont pas éligibles à ce dispositif de remboursement. Seuls les salariés et les dirigeants assimilés salariés peuvent percevoir des indemnités kilométriques au titre de l'usage professionnel de leur véhicule personnel. Les indépendants relevant du régime micro-fiscal, eux, ne peuvent pas appliquer ce mécanisme : leurs charges sont déjà couvertes par l'abattement forfaitaire propre à la micro-entreprise.
Pour que la prise en charge des frais kilométriques soit exonérée de charges sociales et d'impôt sur le revenu, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Le salarié doit être propriétaire ou copropriétaire du véhicule utilisé, ou son conjoint ou l'un des membres de son foyer fiscal doit l'être.
- Il doit également pouvoir justifier que le déplacement répond à un motif professionnel réel et que la distance parcourue correspond bien à un trajet effectué dans le cadre de son travail.
- L'entreprise doit conserver un suivi rigoureux de ces déplacements : date, motif, point de départ et d'arrivée, kilométrage parcouru.
Dès lors que ces conditions sont remplies, le remboursement effectué selon le barème officiel est réputé correspondre à l'usage réel du véhicule. L'employeur bénéficie alors d'une exonération de cotisations sociales sur les sommes versées, dans la limite des montants fixés par le barème. Au-delà, la part excédentaire est requalifiée et soumise aux charges classiques. C'est un point de vigilance fréquent lors des contrôles de l'Urssaf, au même titre que les autres règles entourant la gestion comptable et fiscale de l'entreprise.
Le calcul d'une indemnité kilométrique repose sur trois éléments simples :
- La puissance administrative du véhicule, exprimée en chevaux fiscaux et indiquée sur la carte grise ;
- Le type de véhicule utilisé (voiture, motocyclette ou cyclomoteur) ;
- La distance parcourue à titre professionnel sur l'année.
Pour éviter à chaque entreprise de devoir évaluer elle-même la dépréciation, le carburant ou l'entretien d'un véhicule, l'administration fiscale publie chaque année un barème kilométrique officiel. Celui-ci attribue un coefficient par tranche de distance et par puissance fiscale, qu'il suffit d'appliquer au nombre de kilomètres professionnels parcourus pour obtenir le montant exact de l'indemnité due.
Dans la pratique, le calcul des indemnités kilométriques peut vite devenir fastidieux dès que plusieurs salariés et plusieurs types de véhicules entrent en jeu. Pour vous simplifier la tâche, vous pouvez utiliser le simulateur de frais kilométriques d'Orange Pro, qui applique automatiquement le bon coefficient selon le véhicule, la puissance et la distance renseignés.
Le barème kilométrique 2026 se décline selon le type de véhicule utilisé. Voitures, motocyclettes et cyclomoteurs disposent chacun de leur propre grille de calcul, avec des tranches de distance et des coefficients adaptés à chaque catégorie.
Quel est le barème kilométrique 2026 pour les voitures ?
Comme en 2024 et en 2025, le barème kilométrique 2026 n'a pas été revalorisé par rapport à l'année précédente. Les coefficients applicables restent donc identiques. Voici le tableau du barème 2026 pour les voitures thermiques, hybrides et à hydrogène, où " d " représente la distance parcourue en kilomètres :
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 € | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 € | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 € | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 € | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 € | d × 0,470 |
Exemple : pour 4 000 kilomètres professionnels parcourus avec un véhicule de 5 CV, le montant de l'indemnité s'élève à 2 544 euros (4 000 × 0,636).
Quel est le barème kilométrique 2026 pour les deux-roues ?
Les motocyclettes et les cyclomoteurs disposent chacun de leur propre grille de calcul, avec des tranches de distance différentes de celles des voitures.
Barème applicable aux motocyclettes (plus de 50 cm³)
| Puissance fiscale | Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 € | d × 0,248 |
| 3, 4 ou 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 € | d × 0,275 |
| Plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 € | d × 0,343 |
Barème applicable aux cyclomoteurs (50 cm³ et moins)
| Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|
| d × 0,315 | (d × 0,079) + 711 € | d × 0,198 |
Là aussi, la majoration de 20 % s'applique aux deux-roues électriques. Gardez en tête que les taxes et impôts pour les véhicules de société diffèrent sensiblement.
Si l'indemnité kilométrique et le Forfait mobilités durables (FMD) visent tous deux à compenser les frais de transport des collaborateurs, ils répondent à des logiques bien distinctes.
Comment fonctionne le Forfait mobilités durables ?
Le Forfait mobilités durables (FMD) permet à l'employeur de prendre en charge les trajets domicile-travail effectués grâce à des modes de transport alternatifs : le vélo, classique ou à assistance électrique, le covoiturage, en tant que conducteur ou passager, les engins de déplacement personnel comme la trottinette électrique, ainsi que l'autopartage de véhicules à faibles émissions.
Contrairement aux indemnités kilométriques, le Forfait mobilités durables reste facultatif dans le secteur privé : sa mise en place dépend d'un accord collectif ou d'une décision unilatérale de l'employeur, après consultation du comité social et économique le cas échéant. De plus en plus d'entreprises l'adoptent toutefois, car il s'agit d'un levier efficace pour soutenir le pouvoir d'achat des équipes tout en répondant aux enjeux de mobilité durable. De nombreuses bonnes pratiques permettent d'encourager les mobilités douces en entreprise.
Quels sont les montants et plafonds du Forfait mobilités durables ?
Côté montants, le Forfait mobilités durables est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 600 euros par an et par salarié lorsqu'il est versé seul. Ce plafond grimpe à 900 euros par an lorsque le FMD est cumulé avec la prise en charge de l'abonnement aux transports en commun du salarié. Enfin, en cas de cumul avec une prime carburant, l'exonération reste plafonnée à 600 euros au total, dont 300 euros maximum réservés aux frais de carburant pour un véhicule thermique, ce plafond passant à 600 euros pour l'alimentation d'un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène. Au-delà de ces seuils, la part versée est soumise aux charges sociales et fiscales classiques.
Pour un dirigeant qui souhaite optimiser sa rémunération globale tout en maîtrisant ses charges, ces deux dispositifs méritent d'être étudiés conjointement, au même titre que le choix initial du statut juridique de l'entreprise pour réduire les charges.