La liasse fiscale auto-entrepreneur n'existe pas. Les entrepreneurs en micro-entreprise (ex auto-entreprise) bénéficient d'une comptabilité simplifiée et ne doivent pas transmettre de bilan, de compte de résultat ou tout autre document comptable et fiscal. En revanche, ils doivent respecter certaines obligations, notamment la déclaration de leur chiffre d'affaires, la tenue d'un registre des recettes et la conservation de leurs documents comptables.

Qu'est-ce qu'une liasse fiscale ?

Avant de répondre à la question la liasse fiscale c'est quoi ?, il faut rappeler son objectif.

La liasse fiscale est un ensemble de documents transmis à l'administration fiscale pour déclarer le résultat d'une entreprise. Elle permet le calcul de l'impôt dû au titre d'un exercice. Elle sert donc à traduire, sur le plan fiscal, la comptabilité de l'entreprise.

Souvent réalisée avec l'aide d'un expert-comptable ou d'un logiciel adapté, elle comprend généralement :

  • une déclaration de résultat de l'exercice ;
  • des tableaux annexes qui présentent notamment :
  • le bilan (actif, dettes, créances),
  • le compte de résultat,
  • les immobilisations,
  • les amortissements,
  • les provisions.

La liasse fiscale est-elle obligatoire pour l'auto-entrepreneur ?

Non, la liasse fiscale du micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur) n'est pas obligatoire. L'entrepreneur bénéficie d'un régime conçu pour alléger les formalités fiscales, sociales et comptables. Il ne produit donc ni bilan annuel, ni compte de résultat et donc pas de liasse fiscale au sens classique du terme.

C'est ce qui fait l'attractivité de ce statut micro pour de nombreux indépendants au démarrage de leur activité.

Rappel : pour bénéficier du régime de la micro-entreprise, l'entrepreneur ne doit pas dépasser un seuil de chiffre d'affaires pendant deux années consécutives. En 2026, les seuils sont fixés à 203 100 € de CA pour les activités commerciales et 83 600 € pour les prestations de services.

Pour quelles entreprises la liasse fiscale est-elle une obligation ?

Les entreprises soumises à un régime réel

Si elle ne concerne pas le micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur), la liasse fiscale de l'entreprise reste une obligation pour un grand nombre de structures. Elle concerne :

  • les sociétés (SARL/EURL, SAS/SASU) ;
  • les entreprises individuelles au régime réel d'imposition.

Les formulaires de la liasse fiscale

Le contenu de la liasse fiscale dépend du régime fiscal de l'entreprise et de la catégorie de revenus déclarés.

Voici les principaux formulaires utilisés :

  • formulaire 2031 : déclaration de résultat pour les entreprises relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) à l'impôt sur le revenu ;
  • formulaire 2035 : déclaration de résultat pour les professions libérales relevant des BNC (bénéfices non commerciaux) ;
  • formulaire 2065 : déclaration de résultat pour les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés (IS).

À ces documents principaux s'ajoutent des tableaux comptables annexes, qui constituent la liasse fiscale proprement dite.

Par exemple, dans le cadre du régime réel simplifié BIC, la liasse comprend les tableaux comptables 2033-A à 2033-G, qui détaillent :

  • le bilan comptable de l'entreprise (actif, dettes, créances) ;
  • le compte de résultat de l'exercice ;
  • l'état des immobilisations et des amortissements ;
  • les provisions, déficits et plus-values ;
  • les informations relatives au capital social ou aux filiales pour certaines sociétés.

Le cas particulier de la liasse fiscale LMNP

En comptabilité immobilière, certains indépendants croisent aussi la notion de liasse fiscale LMNP. Là encore, tout dépend du régime choisi.

En location meublée non professionnelle (LMNP), le loueur relève de la catégorie des BIC. Deux cas sont possibles :

  • s'il opte pour le régime réel, il doit déposer un formulaire n° 2031 et ses annexes (la liasse 2033 dans le cadre du réel simplifié) ;
  • s'il reste au micro-BIC, le loueur déclare simplement ses recettes locatives dans le formulaire 2042-C-PRO (sans produire de documents supplémentaires).

Cette différence est importante : la liasse fiscale LMNP existe donc bien dans certains cas, alors que la liasse fiscale auto-entrepreneur n'a pas vocation à être établie.

Quelles sont les obligations du micro-entrepreneur ?

Les obligations fiscales et sociales

Faire une déclaration du chiffre d'affaires sur l'Urssaf

Le micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur) a pour obligation de déclarer son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre (au choix). La déclaration permet de calculer les cotisations sociales. Elle reste obligatoire, même en cas de chiffre d'affaires nul.

Le micro-entrepreneur peut également opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu. Dans ce cas, l'impôt est payé en même temps que les cotisations sociales lors de la déclaration Urssaf. Cette option est accessible si le revenu fiscal de référence du foyer ne dépasse pas le montant de 27 478 € par part de quotient familial (revenus 2025 déclarés en 2026).

Remplir une déclaration annuelle de revenus

Les micro-entrepreneurs doivent également déclarer leurs revenus dans la déclaration annuelle d'impôt sur le revenu (formulaire C-2042-Pro).

L'administration fiscale applique directement un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires pour déterminer le revenu imposable :

  • 71 % pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement ;
  • 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC ;
  • 34 % pour les professions libérales relevant des BNC.

Quelles sont les obligations comptables de l'auto-entrepreneur ?

Même si elle est allégée, le micro-entrepreneur doit tenir sa comptabilité avec rigueur. Les obligations sont les suivantes :

Gérer la facturation

Le micro-entrepreneur doit :

  • établir des factures conformes (mentions légales, numérotation, dates, coordonnées...) ;
  • conserver ses pièces comptables ;
  • ouvrir un compte bancaire dédié à son activité (au-delà de 10 000 euros de chiffre d'affaires pendant deux années consécutives).

Tenir un livre des recettes

Le livre des recettes retrace de manière chronologique l'ensemble des sommes encaissées dans le cadre de l'activité, avec :

  • l'origine des recettes et leur montant ;
  • les références des pièces justificatives (factures principalement).

Les informations et justificatifs doivent être conservés pendant 10 ans.

Tenir un registre des achats

Le registre des achats est une obligation comptable pour les micro-entrepreneurs qui exercent une activité de vente de marchandises, de fourniture de denrées à consommer sur place ou de prestations d'hébergement. Là aussi, la tenue doit être chronologique et appuyée par des justificatifs.

 
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