L’e-commerce est à un tournant avec une multiplication substantielle des achats en ligne et une explosion parallèle de la fraude. Nul doute que les e-commerçants vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour conforter leurs profits. Pour y parvenir : aucune recette, mais des ingrédients qui deviennent incontournables.

L’e-commerce boosté par la pandémie

Dans le contexte de pandémie Covid 19 qui a sévi durant les deux dernières années, les consommateurs se sont largement tournés vers l’e-commerce pour effectuer leurs emplettes. A coup de cyber monday, de black friday et de fêtes de fin d’année, l’e-commerce en ligne est plus dynamique que jamais.


Revers de la médaille, alors qu’elle est en surchauffe, la vente en ligne doit aussi refroidir les velléités de certains opportunistes qui profitent de cet essor pour multiplier les escroqueries.

Si sa croissance était de l’ordre de 1 % par an en France, l’e-commerce connait, depuis le Covid, une croissance à deux chiffres.

Mais, il ne faudrait pas crier victoire si vite, tant la fraude à l’e-commerce a, elle aussi, progressé de manière spectaculaire dans le même laps de temps.

En effet,  selon une étude de Juniper Research, la fraude à l’e-commerce aura coûté 17 milliards de dollars en 2020 et devrait dépasser les 25 milliards de dollars à l’horizon 2024.

Une enquête de la société américaine FIS publiée à l’été 2021 est également sans équivoque : près de 9 e-commerçants sur 10 ont perdu du chiffre d’affaires à cause de la fraude au paiement en 2020. L’érosion de celui-ci atteint même les 6 % au moins pour 38 % d’entre eux.

Identifier les risques

Les stratagèmes sont nombreux et il convient d’en connaître les principaux schémas afin de les contrer.

La fraude par rétro facturation consiste à effectuer un achat souvent coûteux et de l’annuler sitôt le produit expédié. Les produits sont ainsi conservés sans avoir déboursé le moindre centime.

Ils pourront alors être revendus en mode surfacturation à des consommateurs qui ne s’en rendront pas forcément compte. On a là un schéma classique de triangulation.

Tout aussi pernicieux, l’arnaque au retour a le vent en poupe : l’e-consommateur profite de la possibilité qui lui est offerte de renvoyer un produit pour le conserver. Il peut s’agir également de clamer que le produit n’a tout simplement jamais été reçu. Le tout est bien entendu mâtiné de fausses allégations.

Cumuler les pratiques proactives

Face à ces menaces, il faut avant tout prendre la mesure du péril : au-delà de la perte nette, la fraude pèse également lourd en termes d’image.

Mais, avoir un temps d’avance reste le maître mot lorsqu’on parle de fraude à l’e-commerce.

Apôtre en termes de protection, l’authentification forte, avec 2 (DSP2) ou 3 moyens de vérification de l’identité, est le béaba pour se prémunir de nombreuses fraudes. Il n’en reste pas moins qu’elle est parfois encore considérée comme un point de friction dans le parcours client.
Elle est toutefois rendue obligatoire pour tout achat en ligne par carte bancaire d’au moins 30 euros depuis le 15 mai 2021. A cela, il faut ajouter que depuis mars 2021, les clients de banques en ligne devront tous réaliser une authentification forte tous les 3 mois. Dans ce contexte, force est de constater que le paiement par carte bancaire a su déployer ses plus beaux atours pour être de plus en plus privilégié par l’e-commerçant.

Et ce, d’autant plus que le 3D Secure (3 Domain Secure), le protocole le plus efficace pour prévenir la fraude lors de paiements en ligne, a été adopté par Visa et Mastercard.


Le bon sens est aussi un atout de plus et il consistera en particulier à reconnaître les signes avant-coureurs de potentielles fraudes. De très grosses commandes d’un même acheteur ou encore de multiples commandes d’un même produit à une même adresse avec différentes cartes bancaires sont autant de signaux d’alertes. Une politique automatisée de prévention des risques pourra ainsi être appliquée.

Avec un tel essor de la fraude à l’e-commerce impliquant de fausses identités, une signature physique peut également être salvatrice. Si cette dernière peut s’avérer coûteuse, c'est une excellente défense contre le vol d'identité, les schémas de triangulation ou encore le déni de réception.

Fonctionnant de concert avec le SSL (Secure Sockets Layer), le HTTPS (Hypertext Transfer Protocol Secure) est incontournable pour sécuriser votre magasin en ligne.

Enfin, il existe des logiciels tiers qui permettent aux e-commerçants de détecter en temps réel les tentatives de fraudes.

Siftt, Kount, Simility, Riskified ou encore Signifyd ne sont ainsi pas l’apanage exclusif des gros vendeurs en ligne.

Fonctionnant en backend, ils digèrent toutes les données relatives aux transactions afin d’émettre des signaux d’alerte. En 2021, 69 % des e-commerçants ont ainsi eu recours à des outils basés sur du machine Learning pour détecter les fraudes, toujours selon FIS.

Conclusion

Toujours en pole position pour avoir leur part du gâteau, les fraudeurs rivalisent d'ingéniosité pour profiter des maillons faibles du commerce en ligne. Aux e-commerçants de faire bouger les lignes en adoptant des mesures proactives. Elles sont nombreuses et cumulées, elles peuvent, sans coup férir, mettre le holà aux différents types de fraudes à l’e-commerce.