Tout savoir sur le compte professionnel de formation (CPF) en 2020

Dossier
4 min de lecture

En France, l’accès à la formation est un droit, entériné par un dispositif public de financement de la formation continue. Orange Pro vous dit tout sur le CPF (Compte professionnel de formation).

Tout savoir sur le compte professionnel de formation (CPF) en 2020

Le compte personnel de formation (CPF), remodelé en 2019, a pour vocation de donner à tous les travailleurs les moyens de progresser professionnellement selon leurs envies et leurs besoins.

Comment fonctionne le Compte Professionnel de Formation (CPF) ?

Le compte personnel de formation (CPF) est un outil à destination des travailleurs qui leur permet d’organiser leur formation professionnelle. Il est mobilisable par tout salarié, travailleur indépendant ou agent public, tout au long de sa vie active, y compris pendant les périodes de chômage.

Le CPF remplace depuis le 1er janvier 2015 le Droit individuel à la formation (DIF). En 2019, ce dispositif a été précisé par la « Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel », il devient notamment accessible aux indépendants.
Pour tous les actifs français, le compte de formation personnel est approvisionné chaque année en euros, et non plus en heures, en fonction de la durée de l’activité professionnelle de son titulaire.

Pour l’employeur

Le CPF est un compte dédié au salarié et l’employeur ne peut en aucun cas forcer ce dernier à utiliser ses droits pour une formation imposée. En revanche, l’employeur peut soutenir un salarié qui souhaite effectuer une formation qui s’inscrit dans le projet de l’entreprise en l’autorisant à la réaliser sur son temps de travail, ou en abondant si besoin, le reste à payer après financement par le CPF.
Notez que le salarié qui désire se former sur son temps de travail doit demander l’autorisation de son employeur au minimum 60 jours avant la formation souhaitée, si elle dure moins de 6 mois, ou 120 jours avant le début de celle-ci, si elle dure plus longtemps. Sans réponse de la part de l’employeur, la demande de formation est considérée comme étant acceptée.

Comment demander et commencer une formation professionnelle ?

Deux possibilités s’offrent aux salariés : se former en dehors de leur temps de travail ou sur leur temps de travail.

  • Dans le premier cas de figure, le salarié n’a aucune autorisation à demander à son employeur et il peut lancer la procédure depuis son espace CPF en ligne. Il peut indiquer qu’il ne souhaite pas que son employeur soit mis au courant de sa démarche.
  • Dans le cas second cas de figure, où le salarié désire se former sur son temps de travail, il doit d’abord soumettre sa requête à son employeur qui peut la lui refuser ou lui demander de l’effectuer en dehors du temps de travail. Dans le cas d’un accord avec l’employeur, l’entreprise aide à accomplir les démarches.
Le financement du CPF (Compte Professionnel de Formation)

Depuis le 1er janvier 2019, le compte CPF est alimenté en euros et non plus en heures. Ainsi, les salariés qui travaillent au moins la moitié de la durée légale (1607 heures par an) ou de la durée conventionnelle de travail voient leur compte CPF crédité de 500 euros par an, dans la limite totale de 5000 euros.

Certains salariés, et en particulier ceux dont le niveau de formation est inférieur au CAP-BEP jouissent de droits majorés, et cumulent 800 euros par an, dans la limite de 8000 euros au total sur le compte.

Et pour les indépendants ?

Les travailleurs non-salariés (TNS) bénéficient aussi du CPF mais attention, son alimentation est soumise à l’acquittement par les indépendants de leur contribution au financement de la formation professionnelle. En cas d’année de travail incomplète, le montant du CPF est calculé au prorata du nombre de jours travaillés. Par exemple, un indépendant qui aurait travaillé 7 mois dans l’année se voit proposer une aide de 291,67 euros.

Quels abondements possibles ?

Les opérateurs de compétence (OPCO) prennent en charge le financement de la formation, dans la limite du montant disponible sur le CPF. Cependant, il est possible que ces droits ne suffisent pas à payer le coût total de la formation. Plusieurs cas de figure se présentent pour un demandeur de formation professionnelle :

  • L’OPCO peut accepter de payer la totalité du montant restant de la formation demandée.
  • L’OPCO peut concéder une partie du financement complémentaire. Le salarié peut, s’il le souhaite payer le reste à charge ou renoncer à la formation.
  • Le financement complémentaire est refusé par l’OPCO, alors le salarié peut contacter un Conseiller en Évolution professionnelle ( CEP) pour tenter de trouver une solution.
  • L’employeur peut abonder la formation de son salarié, soit parce qu’il y est contraint dans le cadre d’un accord collectif, soit de manière volontaire, si la formation s’inscrit dans un projet d’entreprise.
Le portail en ligne moncompteformation.gouv.fr

Le gouvernement français a mis en place le portail numérique moncompteformation.gouv.fr, pour consulter ses droits CPF et construire un dossier de demande de formation. Après avoir au préalable créé un compte, cet espace dématérialisé permet de bénéficier de nombreuses ressources utiles :

  • Identifier le montant à disposition pour réaliser une formation
  • Se renseigner sur les formations finançables Identifier les interlocuteurs susceptibles d’aider dans cette démarche

L’application MonCompteFormation

En 2020, il est aussi possible de se renseigner sur ses droits via l’application mobile MonCompteFormation. Cette dernière est téléchargeable depuis l’Apple Store et le Google Play Store. Voulue par le gouvernement comme un outil au service de la « démocratisation de la formation », l’application MonCompteFormation a été téléchargée plus d’un million de fois dans les 3 premiers mois qui ont suivi son lancement en novembre 2019.

Quelles formations dans le cadre du CPF ?

Le CPF répertorie de très nombreuses formations certifiantes dans tous les domaines d’activités. La moitié des formations disponibles coûtent moins de 1400 euros.

Les formations acceptées les plus demandées concernent les permis de conduire (environ 1 formation sur 10 au mois de février 2020), les bilans de compétences, les formations dédiées à la création et à la reprise d’entreprise, les tests en anglais (TOEIC) et ceux en informatique (TOSA).

Ces cours sont dispensables en présentiel ou à distance. C’est pourquoi de nombreux actifs placés en activité partielle ont pu mettre à profit la crise du Covid-19 pour se former depuis leur domicile.