L'e-reporting complète la facturation électronique dans le cadre de la réforme en France. Il impose aux entreprises une obligation de transmission de certaines données à l'administration, pour les opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique. Il concerne notamment les transactions avec des particuliers, à l'international ou certaines opérations de paiement dans les prestations de services. Il nécessite aussi l'usage d'une plateforme adaptée pour assurer la transmission. L'objectif : fiabiliser la TVA et sécuriser les échanges avec l'administration.

Définition : qu'est-ce que l'e-reporting

L'e-reporting correspond à l'obligation pour votre entreprise de transmettre à l'administration fiscale certaines données liées à des transations, lorsqu'elles ne relèvent pas de la facturation électronique obligatoire. C'est notamment le cas :

  • des ventes à des particuliers (BtoC pour Business to Consumer) ;
  • des transactions avec des clients professionnels (BtoB pour Business to Business) situés à l'étranger ;
  • des données de paiement bien précises, notamment dans le cadre des seules prestations de services.

Quel est le but d'un e-reporting ?

L'e-reporting s'inscrit dans une transformation plus large des échanges entre les entreprises et l'administration fiscale en France. Ses objectifs sont multiples :

  • simplifier vos obligations déclaratives de l'entreprise à terme (pré-remplissage de la TVA) ;
  • renforcer la lutte contre la fraude ;
  • fiabiliser les données transmises ;
  • améliorer la visibilité de l'activité économique.

Quelle est la différence entre e-invoicing et e-reporting ?

L'e-invoicing et l'e-reporting reposent sur une logique complémentaire.

L'e-invoicing concerne les transactions entre entreprises (BtoB) établies en France. Dans ce cadre, la facture est émise, transmise et reçue sous format électronique structuré, comme Factur-X, UBL ou CII. Les envois se font via une plateforme agréée (PA, anciennement appelée PDP pour plateforme de dématérialisation partenaire).

L'e-reporting intervient en dehors de ce périmètre de facturation. Il porte sur la transmission des données liées à certaines opérations (et pas sur la facture elle-même). L'e-reporting vient donc compléter la réforme de la facturation électronique en couvrant les flux qui ne donnent pas lieu à une facture électronique structurée.

Besoin d'y voir plus clair entre PA (ex-PD), SC (ex-OD) et PPF ? Consultez notre lexique dédié à la facturation électronique.

Les entreprises assujetties à la TVA établies en France sont concernées par l'e-reporting. Le périmètre est large.

Cela inclut notamment :

  • les commerçants et e-commerçants ;
  • les artisans ;
  • les professions libérales ;
  • les entreprises de services ;
  • les micro-entrepreneurs (même en franchise en base).

Données de transaction vs données de paiement : bien faire la différence

Le e-reporting repose sur deux catégories d'informations à transmettre à l'administration, qui répondent à des logiques différentes pour l'entreprise : décrire l'opération et suivre son encaissement.

Les données de transaction

Les informations relatives aux transactions décrivent l'opération réalisée :

  • numéro d'identification ;
  • date de la transaction ;
  • nature (vente de biens ou prestation de services) ;
  • montants HT et TVA ;
  • taux de TVA appliqué ;
  • devise et période.

Les données de paiement

Les données de paiement concernent l'encaissement effectif qui suit la facturation :

  • date d'encaissement ;
  • montant encaissé ;
  • ventilation par taux de TVA.

Exemple d'e-reporting

Prenons le cas d'un prestataire de services qui réalise une mission pour un particulier :

  • le 5 octobre, il facture une prestation de 1 000 € HT avec une TVA à 20 % ;
  • le client règle la facture le 20 octobre.

Dans ce cas, le prestataire de service a l'obligation de transmettre :

  • les données de transaction concernent la facture du 5 octobre (nature de la prestation, montant HT, TVA, taux) ;
  • les données de paiement concernent l'encaissement du 20 octobre (date et montant payé).

Quel calendrier pour se mettre en conformité ?

Le déploiement de la réforme de la facturation électronique en France est progressif et concerne l'ensemble des entreprises.

  • A partir du 1er septembre 2026 :
    • toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une Plateforme Agréée (PA) avec ou sans solution compatible (SC) ;
    • obligation d'émission de factures électroniques et de transmission des données (e-reporting) pour les grandes entreprises et ETI.
  • A partir du 1er septembre 2027 :
    • extension de l'obligation d'émission de factures électroniques et d'e-reporting à toutes les PME, TPE et micro-entreprises.

Comment se préparer au e-reporting ? (étape par étape)

La transmission repose sur une Plateforme Agréée (PA), qui joue un rôle central dans le dispositif.

1. Cartographier vos flux

Identifiez les opérations de votre entreprise à intégrer dans l'e-reporting :

  • ventes à des particuliers (boutique, e-commerce, prestations) ;
  • transactions avec des clients à l'étranger ;
  • prestations soumises à TVA à l'encaissement (avec suivi des règlements) ;
  • canaux utilisés : logiciel de caisse, facturation, plateforme e-commerce, tableur...

2. Choisir une plateforme adaptée

La Plateforme Agréée (PA) de votre entreprise doit permettre une transmission conforme des données :

  • connexion avec votre logiciel de facturation ou de caisse ;
  • capacité à agréger plusieurs sources (site web, TPE, outil interne) ;
  • respect des formats exigés par l'administration fiscale.

3. Structurer vos données

La qualité de la transmission dépend directement de vos données de facturation électronique.

Vos outils doivent permettre :

  • une ventilation précise des montants HT et TVA ;
  • une qualification claire des opérations (biens ou services) ;
  • un suivi des transactions et des encaissements ;
  • une gestion des corrections (avoirs, remboursements).

4. Paramétrer la fréquence d'envoi

La fréquence d'envoi dépend de votre régime fiscal et de la nature des opérations :

  • données de transaction : liées à la date de vente ;
  • données de paiement : liées à la date d'encaissement ;
  • envoi périodique (mensuel, bimensuel ou autre selon les cas).

5. Piloter et contrôler

Une fois la réforme mise en place, l'entreprise doit assurer le suivi de ses flux :

  • vérifier les transmissions à l'administration via un tableau de bord ;
  • contrôler les anomalies ou rejets éventuels ;
  • archiver les justificatifs (tickets, factures, encaissements) ;
  • aligner vos données avec votre comptabilité.

Quelles sanctions en cas de manquement ?

Le non-respect des obligations en matière de facturation électronique et d'e-reporting entraîne des pénalités financières pour l'entreprise :

  • 50 € par facture en cas de non-respect d'e-invoicing (plafonné à 15 000 € par an) ;
  • 500 € par transmission en cas de défaut d'e-reporting (plafonné à 15 000 € par an) ;
  • 500 € en l'absence de plateforme agréée (PA), une amende susceptible d'être renouvelée et portée à 1000 €, tous les 3 mois, tant que l'entreprise ne se sera pas mise en conformité.
 
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