Si le pétrole a dominé les débats économiques du 20ème siècle, les données sont qualifiées d’or noir du 21ème siècle dans le sens où les données personnelles transitant sur Internet sont devenues des richesses capitales qui viennent accompagner le développement de nos sociétés. Symbole de la numérisation et de la dématérialisation de nos sociétés, l’exploitation de ces datas a effectivement pris une importance capitale aussi bien pour les administrations et organisations publiques que pour les entreprises privées qui ne peuvent plus passer à côté de ce carburant numérique.

La profusion des gisements de données personnelles

Alors que l’utilisation d’Internet continue toujours de se développer à travers notamment la vulgarisation et la démocratisation des smartphones et des réseaux sociaux, l’approvisionnement en datas n’a jamais été aussi important. Ceci s'explique par l’avènement des objets connectés et un foisonnement qui n’en est qu’à ses débuts. L’Internet des objets (IdO) prend des formes de plus en plus variées et touche désormais des domaines très divers comme la domotique, les transports, l’e-santé, le multimédia ou encore les loisirs. De ce fait, votre voiture, votre vélo, votre montre, vos terminaux mobiles ou encore vos équipements électroménagers entre autres, sont de véritables mines d’informations qui viennent alimenter le Big Data. Toute cette effervescence autour de la virtualisation des données est encore davantage renforcée par l’utilisation du Cloud qui favorise les échanges de données, à l’heure où l’on cherche à gagner toujours plus de temps.

Les datas, une ressource économique à part entière

Au même titre que le pétrole, les céréales ou les métaux précieux, les données sont aujourd’hui négociées par des sociétés de courtage spécialisées : les data brokers. Cette nouvelle génération de courtiers est en charge de collecter les données en les achetant pour les revendre ensuite aux marques, aux banques, aux partis politiques, aux régies publicitaires et toutes les organisations qui souhaitent obtenir des informations sur certaines catégories de personnes ciblées. À titre d’information, une étude de 2016 menée par l’International Data Corporation estime que le marché de l’or noir du numérique devrait atteindre les 152 milliards d’euros en 2019. Par ailleurs, les datas sont des ressources renouvelables et inépuisables dont l’accroissement atteint des rythmes exponentiels. Conscients du potentiel économique de ces données, les pirates informatiques n’ont d’ailleurs pas attendu longtemps pour mettre en place des cyberattaques visant à récupérer les données privées et sensibles pour pouvoir les marchander ensuite.

Les données comme source de croissance pour les entreprises, mais pas que !

Les données ne constituent pas un levier de croissance uniquement pour les entreprises du numérique et autres entrepreneurs du digital business. Correctement exploitées, ces données personnelles servent à renforcer les outils CRM et donc, à mieux connaître les besoins et les possibles attentes des consommateurs. C’est en cela que l’aspect stratégique des datas est énorme aussi bien pour les entreprises d’Internet que les entreprises plus traditionnelles qui cherchent à proposer de meilleurs produits ou services. Mieux connaître ses clients, c’est aussi affiner la relation que l’on a avec eux pour répondre efficacement aux défis de la fidélisation. Il est ainsi indéniable que l’exploitation pertinente des données constitue une excellente opportunité pour développer aussi bien des marchés existants que des marchés nouveaux. Le Big Data révolutionne également les services des Ressources Humaines qui peuvent ainsi créer un avantage concurrentiel certain pour leur entreprise, en optimisant le recrutement et la politique de gestion des talents. Le big data fait d’ailleurs partie des meilleurs secteurs qui recrutent et cela ne risque pas de s’essouffler dans les années à venir.

Par ailleurs, l’importance des données ne concerne pas que le monde économique. Les données personnelles peuvent fournir de précieuses informations pour les organisations politiques en leur permettant d’atteindre plus efficacement leurs cibles, mais aussi de concevoir des programmes plus adaptés aux attentes des électeurs. Dans l’administration publique, le Big Data permet d’avoir un meilleur contrôle sur les administrés. On assiste par exemple à l’émergence des data analysts dans les services fiscaux pour repérer les fraudeurs. De plus, si les données aident à la prise de décision en entreprise, elles peuvent aussi aider les élus à mieux gérer les comptes publics, à simplifier les procédures administratives, à moderniser les services publics et améliorer de manière générale la qualité de vie des habitants.