Phénomène très répandu aux Etats-Unis et au Japon, le workaholisme ou dépendance au travail touche de plus en plus de cadres, d'entrepreneurs et de chefs d'entreprise. Quelles sont les solutions ?

Qu'est-ce que le workaholisme ?

Il s'agit d'une dépendance au travail plus ou moins grave en fonction du degré d'addiction de l'individu. Le workaholic a du mal à décrocher de ses occupations professionnelles et s'investit à fond dans ce qu'il fait, souvent au détriment de sa propre santé. Les conséquences sont multiples : négligence des relations familiales et sociales, conflits interprofessionnels, perte de plaisir généralisée accompagnée de divers symptômes physiques.

Quels sont les symptômes ?

Si, dans un premier temps, le workaholic est plutôt stimulé par les satisfactions liées à son investissement professionnel, tôt au tard, des problèmes liés au stress et au manque de repos se font sentir. Les soirées, les congés et les week-ends ne représentent plus une source de détente pour le workaholic, mais bien un moment de stress supplémentaire au cours duquel il essaie de « voler » encore quelques heures de travail. A ce stade, la personne dépendante peut ressentir divers symptômes physiques et psychologiques tels que des maux de tête, de l'hypertension artérielle, des troubles du sommeil ou coronariens, des douleurs diverses comme les lombalgies.  Il peut également avoir un comportement agressif et être dans un état dépressif.

La prise de conscience

La première étape sur le chemin de la guérison consiste à reconnaître qu'il existe un problème. Bien souvent, la famille et le réseau vous ont déjà envoyé de nombreux messages d'alerte sans résultat. Il faut dire que s'investir dans son travail demeure plutôt bien vu dans notre société et les nouvelles technologies ont également développé le phénomène de l'hyper connectivité, renforçant sensiblement la dépendance. Il n'est pas rare que la prise de conscience survienne après une décompensation (période d'épuisement, malaise physique). Dans certains cas, la prise de conscience prendra des formes différentes : le travail deviendra subitement un poids intolérable pour le workaholic, qui ressentira alors une sensation de vide l'amenant à réagir.

Les démarches pour s'en sortir

A la suite de sa prise de conscience, le workaholic est en général amené à consulter un professionnel (psychologue ou psychothérapeute) pour faire le point sur son surinvestissement au travail. On constate généralement que les personnes souffrant de workaholisme possèdent une estime de soi déficitaire, le travail représentant leur seule et unique source de valorisation. En dehors de la sphère professionnelle, ils éprouvent des difficultés relationnelles et n'ont bien souvent pas appris à cerner leurs véritables besoins. C'est en débusquant les bénéfices secondaires à son comportement addictif que le workaholic apprend à se faire du bien par d'autres canaux que celui du travail.

La méthode psychothérapeutique

La psychothérapie dite « cognitivo-comportementale » reste tout indiquée pour prendre en charge le workaholisme. Il s'agit d'une thérapie brève destinée à modifier les comportements pour obtenir un meilleur confort physique et psychologique. Le travail de psychothérapie abordera également les méthodes de relaxation et de ressourcement pour connecter progressivement le workaholic à ses besoins et lui apprendre à se détendre. Parallèlement, le thérapeute propose à son patient diverses techniques pour se ménager des pauses et déléguer une partie de son travail à ses collaborateurs. Enfin, il existe également des groupes de paroles efficaces destinés aux workaholics.
Pour faire le test de Robinson qui vous permettra de détecter si vous êtes ou non dépendant au travail, rendez-vous sur le site cairn.info.