En pleine ère interactive où le numérique est roi, l'essayage virtuel devient une solution de plus offerte par les entreprises de commerce pour séduire les clients et booster leurs ventes. Que se cache-t-il derrière cette innovation marketing ?

L'histoire de l'essayage virtuel

L'essayage virtuel existe depuis la dernière décennie et consiste à offrir au client l'opportunité de se voir dans un vêtement sous toutes les coutures, sans avoir à passer par la cabine traditionnelle pour vérifier qu'il lui convient avant de l'acheter.

Alors que les premières versions développées donnaient un rendu médiocre et peu vendeur, ne tenant pas compte des silhouettes et des mouvements, la modélisation 3D s'est considérablement améliorée, permettant aujourd'hui de disposer d'outils à la pointe de la technologie, à même de reproduire les particularités de chaque physique et sous tous les angles. On parle de réalité augmentée.

Si l'essayage virtuel concernait initialement quelques produits, dont les t-shirts et les lunettes, il s'applique désormais à un ensemble de vêtements et d'accessoires du quotidien, des pulls aux chaussures, en passant par les jupes, les pantalons et la lingerie. Le concept va désormais beaucoup plus loin, et s'adapte tout autant à d'autres secteurs comme ceux du maquillage et de la bijouterie par exemple.

Les différents produits autour de l'essayage virtuel

L'essayage virtuel se présente sous deux aspects différents afin de toucher un maximum de clients.

On distingue l'essayage virtuel qui accompagne le client partout où il se trouve, c'est-à-dire disponible sous forme d'applications sur mobiles, ordinateurs ou sur tablettes, de l'essayage en cabines virtuelles. Les applications les plus évoluées fonctionnent en temps réel par l'intermédiaire d'une webcam à contrario de celles plus anciennes utilisant une photo ou un avatar. De nombreuses enseignes proposent aujourd'hui ce type d'applications, comme H&M, Promod, La Redoute ou encore Optic 2000.

Les cabines écrans, également appelées cabines virtuelles ou bornes d'essayage, ont fait parler d'elles cette année, notamment dans certains magasins Carrefour et aux Galeries Lafayette au début du printemps. Celles-ci s'apparentent à un miroir, où dès lors qu'un client passe devant, il se voit habiller de vêtements proposés par l'enseigne. Les dernières études indiquent qu'elles seront très bientôt présentes dans de nombreux commerces.

Les avantages de l'essayage virtuel pour les commerçants

Il va sans dire que le concept d'essayage virtuel a de beaux jours devant lui, tant le potentiel qu'il représente pour les commerçants est important.

Dans le cas des marques disposant d'un e-commerce, ces applications leurs permettent de gagner des ventes (augmentation estimée de 62%*) puisque le client a déjà pu se voir porter le produit, et elles réduisent le taux de retour (réduction estimée à 35%*) et les coûts qui en découlent. Elles représentent aussi un moyen de faciliter l'essayage en n'ayant plus à attendre pour passer en cabine traditionnelle, et surtout disponibles 24 heures sur 24 à la différence de celle des magasins physiques.

Pour ce qui est de ces derniers, les intérêts de ce concept paraissent quelque peu différents. Les bornes sont utilisées comme outil pour capter l'attention du visiteur, qui se prête au jeu de manière intentionnelle, ou qui se découvre par surprise revêtue d'une nouvelle tenue en passant devant le miroir ; l'idée étant de provoquer l'achat vers le produit qu'il vient de porter virtuellement. Même sans aboutir à la vente, elles permettent d'enrichir l'expérience du client lors de son passage en magasin, et de lui laisser une image positive de l'enseigne ; le visiteur peut, selon les modèles de cabines, repartir avec sa photo ou encore la partager sur les réseaux sociaux.

* Chiffres issues d'une étude de Fit.me