En hommage à la passion de Pierre Balmain pour le cinéma, le défilé s'est installé dans un bâtiment d'une rue du 14e arrondissement où a été tournée la scène finale du film "A bout de souffle" de Jean-Luc Godard (1960). Au premier rang se trouvaient les actrices Naomi Watts et Diane Kruger.
La maison, marquée par quatorze ans de règne d'Olivier Rousteing, avait fait depuis des années du glamour commercialisable sur les tapis rouges sa marque de fabrique.
Fondateur de la marque Atlein, Antonin Tron, passé par Givenchy, Louis Vuitton ou Balenciaga, avait été nommé fin novembre directeur artistique, une semaine après le départ surprise de M. Rousteing.
Son premier défilé a proposé des silhouettes moins engoncées: les mannequins ont de l'allure mais marchent sans entrave, dévoilant une collection très prêt-à-porter, dont presque tous les looks sont transposables dans la rue.
Chez Dries Van Noten, la mode de l'hiver prochain donnait des envies de thé cosy dans la campagne anglaise, avec tailleur en tweed, doudounes légères au vent ou jupes longues de satin, dans une palette chromatique de la chasse et du feu de cheminée.
Nommé en décembre 2024, Julian Klausner hérite d'une maison marquée par l'allégeance à la vision poétique de son fondateur, parfois loin des codes du marché mais adulée par les plus pointus modistas.
- Courrèges plus sobre -
Plus tôt dans le marathon des défilés, chez Courrèges, un tabou est de nouveau tombé: celui du mariage du bleu marine et du noir, toujours considéré comme impie, mélangé à toutes les matières, cuir-coton ou maille-cuir. A noter le fameux "Olsen tuck", en référence à la marque très tendance des sœurs Olsen et à ce maxi col qui se relève et coince les cheveux pour donner l'effet d'une femme très pressée.
La marque française emblématique des années 1970, ressuscitée du "has been" par le styliste Nicolas Di Felice, a présenté un défilé indéniablement plus sobre en termes de scénographie, d'espace et d'invités que d'habitude, suscitant quelques interrogations sur la santé de son investisseur, la holding Artemis de la famille Pinault.
D'autant plus que l'autre maison de mode d'Artemis, la griffe parisienne Giambattista Valli, a de nouveau annulé cette saison en catimini son défilé, refusant toute communication sur sa situation.
En fin d'après-midi, Stella McCartney, qui avait envoyé un petit poney en plastique en guise d'invitation, a proposé un spectacle d'équitation dans un manège situé près de la Fondation Louis Vuitton, dans le bois de Boulogne, en l'honneur de l'année du cheval.
Pendant que défilaient les mannequins habillées de pantalons fuseaux et chaussées de cuissardes qui montaient mi-cuisse, une quinzaine de chevaux blancs et noirs évoluaient au centre du manège, au rythme de la musique de Björk et du film "Barry Lyndon".
Dans sa note d'intention, la styliste anglaise a expliqué que sa collection reflétait "des moments charnières" de son histoire, mettant en valeur "des alternatives véganes à la fourrure, de la dentelle vintage, une confection tailleur façon Savile Row et des vêtements de sport des années 80 – confectionnés à partir de 93% de matières durables".
Le tout sous les yeux de son père, Sir Paul, à qui le dernier look rendait hommage via un débardeur sur lequel était écrit "My Dad is a Rock Star".