La procureure Vanessa Perrée, à la tête du Pnaco, a livré vendredi la courbe ascendante de ces "phénomènes criminels en forte évolution": "18 faits en 2024, 67 en 2025, 47 en 2026, notamment en lien avec l'utilisation des crypto-actifs".

Pour synthétiser, il s'agit donc d'enlèvements et/ou de séquestrations avec parfois usage de la violence et demande de rançon ou demande de remise de valeurs en cryptomonnaies ou cypto-actifs.

La cheffe du Pnaco souligne le "volume significatif de mis en cause": 88 personnes, dont plus de 10 mineurs, ont été mises en examen dans le cadre de 12 enquêtes en cours. Et 75 de ces suspects ont été placés en détention provisoire.

La procureure nationale anti-criminalité organisée met en avant "l'identification de personnes impliquées de manière récurrente dans plusieurs dossiers, révélant ainsi l'existence de réseaux structurés".

Ainsi, la semaine dernière, trois hommes, âgés entre 25 et 30 ans et déjà condamnés par la justice, ont été interpellés par la section de recherches de la gendarmerie de Chambéry et l'Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la gendarmerie dans l'enquête sur un crypto-rapt en novembre 2025 à Challes-les-Eaux (Savoie), dont le Pnaco s'est saisi.

Les trois suspects ont été mis en examen -- pour arrestation, enlèvement, séquestration en bande organisée, extorsion et blanchiment en bande organisée -- et écroués. Et deux d'entre eux sont désormais également poursuivis dans une affaire similaire datant de décembre 2025 à Dompierre-sur-Mer (Charente-Maritime).

Dans ce dernier dossier, un troisième mis en cause a aussi été interpellé cette semaine par la section de recherches de Poitiers et l'UNPJ de la gendarmerie et a été également mis en examen et placé en détention provisoire, comme l'avait révélé RTL.

"Les parties civiles se réjouissent de ces étapes, qui en appellent certainement d'autres", a réagi auprès de l'AFP Antoine Ory, avocat du couple séquestré à Dompierre-sur-Mer.

 

- Doigt sectionné -

 

Mi-décembre 2025, trois individus cagoulés avaient séquestré et violenté ce couple, à Dompierre-sur-Mer, le forçant à leur transférer environ 8 millions d'euros.

Les agresseurs avaient ligoté la femme, ainsi que son compagnon, travaillant dans le secteur des cryptomonnaies, à qui ils avaient porté des coups pendant près de 2 heures, selon les enquêteurs.

"Mon client conteste l'intégralité des faits qu'on lui reproche", a commenté auprès de l'AFP Baptiste Bellet, avocat d'un des mis en examen.

D'autres crypto-rapts ont donné lieu à des épisodes sanglants. Le 1er mai 2025, en plein Paris, le père d'un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies avait été enlevé par quatre hommes encagoulés alors qu'il sortait promener son chien.

Il s'en était suivi 58 heures d'angoisse pour la famille et de calvaire pour l'otage dont un doigt avait été sectionné, au terme d'un premier ultimatum fixé par les ravisseurs qui réclamaient une rançon de plusieurs millions d'euros en cryptomonnaies.

L'homme détenu dans un pavillon de Palaiseau (Essonne) avait finalement été libéré par la police.

La série noire avait véritablement commencé en janvier 2025 avec le rapt du cofondateur de Ledger (start-up de portefeuilles de cryptomonnaies), David Balland, et de sa compagne.

Ce dernier avait finalement été libéré et sa compagne retrouvée ligotée dans un véhicule.

Face à "l'ampleur des faits" et leur accélération depuis 2025, Vanessa Perrée salue "un travail approfondi de rapprochements judiciaires réalisés par les services d'enquête, et notamment l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) de la direction nationale de la police judiciaire et l'UNPJ de la gendarmerie". 

Le Pnaco promet encore de "renforcer l'efficacité de la réponse pénale sur tout le territoire et en lien avec les juridictions inter-régionales spécialisées (JIRS).