Dès l'ouverture de l'audience, un membre de Longo Maï a admis avoir tué avec une carabine, le 16 décembre 2023, sept chiens de chasse entrés sur les terres de ce groupe anticapitaliste, héritier du mouvement néorural des années 1970.
Poursuivi pour "atteinte volontaire à la vie d'un animal", il a nié toute intention de tuer, assurant avoir agi pour protéger les cochons de la ferme que les chiens attaquaient.
"Je peux entendre qu'(il) ne savait plus quoi faire mais il n'a pas été agressé", a rétorqué la procureure, Carine Federspiel, en demandant une peine de huit mois avec sursis.
Mais elle ne s'est pas arrêtée là: contre deux chasseurs, poursuivis notamment pour "mise en danger", elle a requis 1.150 euros d'amende. "Ils n'ont pas respecté leur obligation d'être maître de leurs chiens qui s'en sont pris à l'intégrité d'un autre animal", a-t-elle justifié.
La décision sera rendue le 17 juin.
"Deux procès en un, c'est une configuration rare", avait souligné Vincent Brengarth, avocat de Longo Maï dans un échange avec l'AFP avant l'audience. "Il y a un ensemble d'enjeux qui se croisent dans ce dossier", soulignait-il en évoquant les "fantasmes qui existent sur la communauté" et "la dimension pro-chasse de certains acteurs locaux".
Près de 300 personnes, dont une majorité de chasseurs en gilets orange fluo, s'étaient réunies à Privas avec leurs chiens pour l'ouverture du procès, si bien que le président du tribunal avait dû émettre un appel au calme: "on n'est pas ici pour faire le procès d'une association, d'un mode de vie ou d'une filiation. On n'est pas là non plus pour faire le procès d'une activité."
En décembre 2023, la publication des photos des chiens morts sur les réseaux sociaux et par certains médias avait donné un fort retentissement à cette affaire et la communauté avait essuyé "un torrent de menaces et d'actes d'intimidation" selon son avocat.