Dans une lettre à la juridiction datée du 11 août depuis Beyrouth, où s'est réfugié l'ex-magnat de l'automobile visé par un mandat d'arrêt international, Carlos Ghosn estime ne pas avoir été régulièrement cité à comparaître à l'audience et demande en conséquence que celle-ci soit renvoyée à une date ultérieure.
Le tribunal, auquel il demande aussi la levée d'un mandat d'arrêt français émis en avril 2023, ne pourra se prononcer qu'à l'ouverture de l'audience le 16 septembre.
"Ces demandes ne tendent à aucune manœuvre dilatoire. Je ne cherche pas à retarder ce procès. Je cherche à pouvoir y prendre part. Depuis six ans, je demande à être entendu, à accéder à mon dossier, à m'expliquer sur des faits que je conteste", déclare l'ancien grand patron de 72 ans dans cette lettre signée de sa main, parvenue fin août au tribunal de Paris.
"Je souhaite contribuer activement à ce procès et je suis disposé, si votre juridiction l'estime possible, à y participer par tout moyen que le droit autorise, notamment par voie de visioconférence depuis Beyrouth", conclut-t-il.
Carlos Ghosn et Rachida Dati doivent comparaître du 16 au 28 septembre à Paris pour corruption, en lien avec le versement par l'alliance Renault-Nissan entre 2009 et 2013 de 900.000 euros à l'ex-garde des Sceaux.
L'accusation estime que Rachida Dati a illégalement fait du lobbying au Parlement européen pour le compte du constructeur automobile, ce qui était incompatible avec son statut d'eurodéputée. L'ex-ministre de la Culture nie et soutient n'avoir fait qu'un travail d'avocate tout à fait légal.
Les deux prévenus encourent 10 ans de prison.
"De son côté, pour avoir trop longtemps souffert d'une accusation injuste, Rachida Dati demande à être entendue à compter du 16 septembre prochain", ont réagi ses avocats Olivier Pardo et Olivier Baratelli, sollicités par l'AFP.
"Elle démontrera qu'elle a été exclusivement avocate de l'alliance Renault-Nissan RNBV et que les suspicions infondées quant à un prétendu trafic d'influence au Parlement européen ne reposent sur rien", ont-ils ajouté.