Invité par le Comité de l'ONU pour l'exercice des droits inaliénables des Palestiniens, le co-auteur de "No Other Land" a reçu une standing ovation dans une grande salle de conférences des Nations Unies, à la fin de la projection de son film qui a ravi l'Oscar 2025 du meilleur documentaire à Los Angeles début mars.
Il a expliqué que son oeuvre, destinée "à faire connaître au monde que nous vivons sur cette terre", a connu "un succès dépassant nos espérances". "Mais après avoir gagné un Oscar, nous sommes revenus à la même réalité, et cela ne fait qu'empirer", a déclaré Basel Adra.
Le film, co-réalisé avec un l'Israélien Yuval Abraham, chronique le déplacement forcé de Palestiniens par les soldats israéliens et les colons à Massafer Yatta, une région de Cisjordanie occupée qu'Israël a déclarée zone militaire restreinte dans les années 1980. Il montre les bulldozers démolissant les maisons ou les murs d'une école, et documente les provocations et les attaques parfois violentes des colons qui habitent aux alentours.
Après une longue bataille judiciaire, la Cour suprême a donné raison en 2022 à l'armée israélienne, dans une décision ouvrant la voie à l'expulsion des habitants des huit villages installés dans cette région.
"La violence des colons se poursuit (...) presque chaque jour il y a des attaques de colons sur Massafer Yatta et dans tout le reste de la Cisjordanie", a poursuivi le réalisateur palestinien.
Il y a quelques jours, un autre réalisateur du film, le Palestinien Hamdan Ballal, a dénoncé "une agression brutale" des colons dont il a été victime, un épisode au cours duquel il a été arrêté pour "avoir lancé des pierres", selon la police israélienne.
Des ONG de défense des droits humains affirment que ces attaques en Cisjordanie ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas à Gaza, en octobre 2023.
La Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, abrite environ trois millions de Palestiniens, ainsi que près de 500.000 Israéliens qui vivent dans des colonies illégales au regard du droit international.
Malgré son Oscar, "No Other Land" n'a toujours pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis et n'est diffusé que dans quelques salles.