La « Responsabilité Sociétale de l’Entreprise » (RSE) s’impose progressivement au sein des entreprises, y compris des TPE-PME. Depuis 2019, la loi Pacte précise que « les sociétés doivent prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité ». A côté de cette obligation juridique, c’est la réputation de l’entreprise qui est en jeu, et sa capacité à prendre en compte le développement durable dans sa politique globale.

La RSE : une nouvelle contrainte pour les TPE-PME ?

Pièce maîtresse de la RSE, la loi Pacte énonce une obligation pour les entreprises de prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux liés à leur activité. Pour autant, c’est le principe de volontariat qui s’applique lorsque cette même loi invite les entreprises volontaires à adopter le statut de « sociétés à mission » et à intégrer dans leur politique une Raison d’être en précisant leurs objectifs sociaux et environnementaux. L’entreprise s’inscrivant dans cette démarche est alors contrôlée par un comité spécifique chargé de veiller au respect de ces engagements.

On retrouve le même principe de volontariat au niveau européen, quand la Commission européenne définit la RSE comme « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec leurs parties prenantes ».

Si, en premier lieu, ce sont les grandes entreprises qui semblent visées par ces nouvelles réglementations, les TPE et PME le deviennent aussi dès lors où elles interviennent comme sous-traitants pour les grandes entreprises. Elles sont alors fortement incitées à respecter ces critères.

La RSE : une prise de conscience de l’impact environnemental des entreprises

Au-delà de la contrainte légale, la RSE permet une prise de conscience de l’impact des activités des entreprises sur l’environnement. Ainsi, l’analyse de l’Arcep en 2021 rappelle l’importance de l’impact environnemental de la production et du renouvellement des équipements numériques et notamment des téléphones mobiles. L’ensemble des équipements numériques seraient à l’origine de 81% des émissions de gaz à effet de serre du numérique en France, d’après le rapport d’information du Sénat sur l’empreinte environnementale du numérique.

Le développement durable est une préoccupation croissante de la population en général et des jeunes générations en particulier qui préparent la société de demain. Les nouvelles pratiques des consommateurs reflètent cette tendance : recyclage, réparation, achat de matériel reconditionné, choix de la location versus la propriété… De plus en plus de consommateurs ont ainsi recours au marché du reconditionné pour acquérir un téléphone de seconde main. Ce marché permet également à ceux qui le souhaitent de donner, faire reprendre ou revendre un téléphone encore en état de fonctionner et de lui donner ainsi la possibilité d’une seconde vie. D’après les chiffres du reconditionneur français Recommerce, 4,4 millions de téléphones de seconde main ont été achetés en 2020 en France. Le marché de l’occasion représenterait environ 36% de ce volume.

La RSE : un gage d’attractivité à moyen et long terme

Finalement, bien plus qu’une contrainte juridique, la RSE s’inscrit dans une démarche globale et un mouvement de fond favorable pour les entreprises et la société. Mieux, elle représente dès aujourd’hui un double atout, à la fois pour attirer des nouveaux salariés mais aussi en termes d’image, pour attirer des clients soucieux des questions environnementales et sociétales.

Les jeunes diplômés sont de plus en plus sensibles à cet argument pour choisir leur entreprise. La RSE est donc un véritable atout pour construire sa « marque employeur » et y inscrire des notions clés comme le respect de l’environnement, les droits de l’homme et de la femme, le droit des consommateurs ou l’établissement de bonnes conditions de travail.

Au final, si à court terme il peut être tentant de voir dans la RSE une énième obligation légale imposée aux employeurs, à moyen et long terme, elle permet de transformer l’image de l’entreprise et d’instaurer de nouvelles pratiques, plus respectueuses de l’environnement mais aussi des droits des salariés, des consommateurs et des communautés.

L’engagement dans une démarche RSE zéro papier conduit également l’entreprise à réaliser des économies importantes tout en devenant éco-responsable. Le recyclage et le reconditionnement, la digitalisation via des applications mobiles intelligentes, ou encore la  location plutôt que l’achat de matériel sont autant de solutions pour s’engager en conscience dans une démarche RSE profitable pour tous à long terme.