Après la sécurisation, place à la restauration. Fin août, après deux années de travaux, la sécurisation et la consolidation de la cathédrale Notre-Dame de Paris, partiellement détruite dans un incendie en 2019, ont pris fin. La phase de restauration a été engagée par l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale avec le lancement d'appels à candidatures relatifs à la restauration de la flèche et des transepts. L'appel d'offres, constitué de 37 lots distincts concernant la réalisation des restaurations intérieures, sera clôturé ce lundi 22 novembre.

« Nous invitons les artisans et les entreprises de toutes tailles ayant des compétences en monument historique à se mobiliser et à candidater pour participer à la restauration de ce chantier d'exception. Il sera pour eux une vitrine extraordinaire, estime Philippe Jost, directeur général délégué de l'Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce n'est pas un chantier réservé aux grandes entreprises, mais bel et bien un chantier ouvert à toutes, quel que soit leur format », ajoute-t-il, conscient de la spécificité des compétences recherchées.

Une centaine de lots

Même son de cloche au cabinet du ministre des PME, Alain Griset. « Les petites entreprises n'ont pas les mêmes ressources que les grands groupes pour répondre à un appel d'offres. En multipliant les lots et en permettant des regroupements, ces petites entreprises pourront être associées à ce chantier historique », explique-t-on.

Les artisans et entreprises spécialisés en restauration de pierre de taille et maçonnerie, de couverture plomb, de menuiserie, de peinture et dorure ainsi qu'en ferronnerie d'art, restauration de vitraux et sculptures peuvent déposer leur offre par voie électronique. Les lauréats devraient être connus au premier trimestre 2022.

La publication d'autres appels d'offres de travaux se poursuivra jusqu'à la fin de l'année et en 2022. Au total, le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris conduira à l'attribution de plus d'une centaine de lots.

Les premiers travaux de restauration débuteront cet hiver afin de tenir l'objectif fixé par le président de la République de rendre la cathédrale au culte et à la visite en 2024. Des opérations ont d'ores et déjà été menées en 2021 comme la sélection et la récolte de janvier à mars 2021 des 1.000 chênes nécessaires à la restitution de la flèche, du transept et des travées adjacentes.

Pendant plus de deux ans, compagnons, artisans d'art - échafaudeurs, charpentiers, cordistes, tailleurs de pierre, grutiers, nacellistes, facteurs d'orgues, maîtres verriers, restaurateurs de peintures murales, restaurateurs de sculptures - et chercheurs, venus de toute la France, se sont mobilisés pour mener les travaux de sécurisation et de consolidation de la cathédrale.

Ils ont permis la réalisation et le succès d'opérations complexes et parfois inédites, dont le démontage de l'échafaudage sinistré, la dépose du grand orgue, des chantiers tests de nettoyage dans deux chapelles, la pose de cintres en bois sous les arcs-boutants ou encore le déblaiement et le tri des vestiges et la sécurisation de la croisée du transept.

Le budget prévisionnel de cette phase clé a été fixé à 165 millions d'euros. L'établissement public devrait en connaître le montant exact d'ici à la fin de l'année. Le budget de la phase de restauration sera quant à lui connu à l'issue de l'attribution de l'ensemble de la centaine de lots du chantier de restauration.