Ces derniers mois, la guerre en Ukraine et la crise énergétique ont un peu éclipséle plan France 2030 lancé en grande pompe en octobre dernier par Emmanuel Macron pour favoriser l'investissement dans des secteurs stratégiques comme la santé, les semi-conducteurs, le quantique, etc. Auditionné ce mercredi par la commission des Affaires économiques au Sénat, le secrétaire général à l'investissement, Bruno Bonnell qui pilote le programme, s'est évertué à démontrer que l'ambition était intacte.

« Chaque fois qu'il y a eu des grandes transitions, l'Etat a eu un rôle déterminant pour changer la donne et encourager l'industrie privée », a déclaré en préambule le fondateur d'Infogrames Atari et ex-député LREM. C'est de nouveau son objectif à l'heure où le pays doit mener sa « métamorphose énergétique ».

« Sélectivité élevée »

Doté de 54 milliards d'euros, France 2030 s'est donné pour règle d'orienter la moitié des sommes engagées vers des dépenses de décarbonation. « A ce jour, les engagements atteignent 7,5 milliards d'euros. Au total, 810 projets ont été soutenus qui ont concerné 1.260 bénéficiaires », a égrené Bruno Bonnell, tout en pointant une « sélectivité élevée » du programme : « Seul un projet sur trois passe la barre du jury », a-t-il indiqué.Et la mise du public a un effet multiplicateur par trois en moyenne sur le secteur privé. Les 54 milliards d'euros de l'Etat génèreront « un impact de 200 milliards sur l'économie ».

56 % des fonds alloués en région

Alors que certains estiment que les grandes entreprises dotées de services d'ingénierie financière et les start-up sont mieux placées pour répondre aux appels à projets lancés par le programme, le secrétaire général à l'investissement a opposé deux chiffres : 45 % des entreprises retenues ont été des PME, 7 % ont été des grandes entreprises, le reste étant constitué par des entreprises de taille intermédiaire (ETI,) des centres de recherche publique etc.

Pour faciliter l'accès des PME, TPE et des ETI aux appels à projets, une simplification des procédures sera présentée en fin d'année permettant à une société de présenter son projet « en 2 pages ». « Ce sera en place au tout début de l'année prochaine », a-t-il promis.Dans le même esprit, 56 % des fonds alloués l'ont été en région, mais Bruno Bonnell n'a pas caché « compter sur les territoires pour amener des projets ». « Nous n'avons pas assez de projets ! », a-t-il lancé. Pour stimuler l'appétit du terrain, les préfets de région seront chargés de faire du pré-repérage. A partir de la fin de l'année, les critères d'évaluation des projets seront communiqués.Le secrétaire général à l'investissement a également insisté sur l'importance de la connaissance et de la formation « au coeur du dispositif ». « Il faut former pour éviter d'être en déficit de bras et de cerveaux », a-t-il dit jugeant que l'un des problèmes majeurs aujourd'hui était le manque d'appétence des jeunes pour la science.