La recherche de financements et la gestion au quotidien pour son entreprise font partie intégrante du projet entrepreneurial.
Retour sur les sources possibles de financement au démarrage d’une entreprise et l’importance d’une bonne gestion financière pour réussir son projet de création.


Financement au moment de la création d’entreprise : quelles options en fonction de ses objectifs ?

Au démarrage d’une entreprise, il est rare de disposer d’un capital suffisant pour financer son projet. Pourtant, avec un business plan solide, il existera toujours des solutions de financement pour le dirigeant.  

Les apports classiques pour financer le lancement de son entreprise

  • les fonds propres de l’entrepreneur

Disposer d’une somme suffisante pour couvrir les frais de démarrage est un véritable atout pour le futur dirigeant vis-à-vis de ses interlocuteurs.
Un bon apport personnel du chef d’entreprise permettra de solliciter des prêts bancaires plus facilement et d’inspirer confiance à ses futurs partenaires et fournisseurs.

La Love money - donations et prises de participation au capital par vos proches - sont un second moyen de financer le lancement de votre entreprise en fonds propres.
A faire valoir par l’entrepreneur pour motiver son entourage sur la donation de fonds propres : l’exonération des droits de mutation lors d’un don à un enfant ou petit-enfant et les avantages fiscaux lors de la prise de participation au capital.

  • Les aides et subventions françaises et européennes

Les aides publiques et subventions dispensées par L’Etat, les Collectivités locales ou les instances Européennes font partie des sources de financement classiques lors de la création d’une entreprise.
Pour monter vos dossiers et prendre connaissance du panel d’aides et subventions existantes, l’entrepreneur ne doit pas hésiter à solliciter l’assistance de conseillers ou structures d’accompagnement d’aides.

Des subventions comme le crédit d’impôt recherche et le crédit Innovation avec la Bourse French Tech peuvent être octroyées au dirigeant si l’activité de l’entreprise est tournée vers le R&D ou l’innovation.

  • Les Prêts bancaires et crédits

Le prêt bancaire personnel
De nombreuses banques proposent des prêts aux créateurs d’entreprise, sous conditions. Il peut être nécessaire de coupler cette demande de prêt bancaire personnel avec la sollicitation d’autres entités, afin que la prise de risques soit partagée.

Le prêt d’honneur
Le prêt d’honneur est un levier important pour rassurer les partenaires financiers. Les prêts d’honneur via des réseaux comme Entreprendre et Initiative France permettent de bénéficier de prêts à taux zéro ou presque, sans garantie ni caution, ainsi que des conditions de remboursement attractives pour les entrepreneurs.

Le microcrédit de l’ADIE soutient la création d’entreprise pour tous types de profils, quel que soit le secteur d’activité et le statut juridique sans condition d’apport minimum.

Financer son projet d’entreprise sans apport grâce au crowdfunding

Les plateformes de financement participatif (ou crowdfunding) sont un bon moyen de tester l’intérêt du public pour votre entreprise et les services ou produits qu’elle propose. Un large public peut ainsi réaliser des dons en échange d’une contrepartie symbolique ou de préventes dans votre entreprise.

Ces levées de fonds pour votre entreprise créent ou renforcent votre apport personnel et rassurent lors d’une demande de prêt bancaire. Elles prennent aujourd’hui également la forme de prêts et d’investissements.

Autres sources de financement : incubateurs, investisseurs privés et concours

  • Les incubateurs d’entreprises

Publics ou privés, rattachés à une collectivité, une Grande Ecole ou une entreprise, les incubateurs d’entreprises (ou accélérateurs de startup) offrent de nombreux avantages aux créateurs d’entreprises en mettant à leur disposition des services, des moyens physiques et financiers ainsi que leur réseau.

  • Les clubs d’investisseurs privés

Dans le secteur de l’ESS - Economie Sociale et solidaire - et de l’investissement local, l’entrepreneur peut contacter des groupes d’investisseurs privés soucieux de soutenir des projets novateurs et/ou solidaires. On parle de clubs d’investisseurs et de capital-risque solidaire.

  • Les business angels

Les business angels interviennent principalement dans la création et le développement des startups à fort potentiel de croissance et délivrent, en plus de leur contribution, leur expérience et des conseils utiles au lancement de l’entreprise. Présents à différentes étapes de développement de l’entreprise, les business angels sont plus difficiles à convaincre en tout début de projet.

  • Les concours nationaux ou sectoriels

Les concours nationaux ou sectoriels sont un bon moyen d’obtenir une dotation financière pour le créateur ou repreneur d’entreprise. Excellents pour l’image, la communication et l’intégration de votre entreprise sur le Marché, les concours sont organisés par des organismes publics, des fondations d’entreprises ou des réseaux d’entrepreneurs. La participation à ces concours fait partie des démarches « payantes » dans tous les sens du terme.


Quelles aides pour la reprise d’entreprise en France ?

Plusieurs aides sont à la disposition du dirigeant lorsqu’il souhaite reprendre une entreprise :  

  • Le NACRE (Nouvel Accompagnement à la Création ou la Reprise d'entreprise) permet à ses bénéficiaires de reprendre une entreprise en étant accompagnés pendant 3 ans. Le NACRE aide au montage du projet de reprise de l’entreprise, à la structuration financière et au démarrage de l'activité. Le repreneur d’entreprise se voit également octroyer un prêt à taux zéro.
  • L’ACRE, exonération partielle des charges sociales, et l’ARCE qui permet de recevoir son allocation ARE sous forme de capital s’adressent également aux repreneurs d’entreprise.
  • Le CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) est un accompagnement par une entreprise ou une association pour obtenir ces financements publics (ACRE, NACRE…) et aider les repreneurs d’entreprise depuis l’étude de la faisabilité du projet jusqu’à l’accompagnement au développement de l’entreprise reprise.
  • Les aides financières pour la reprise d’une entreprise en ZRR (Zones De Revitalisation Rurale), soumises à différents critères d’éligibilité, les aides financières pour la reprise d’une entreprise en ZRR permettent de bénéficier d’exonérations fiscales importantes pour encourager les futurs entrepreneurs à investir dans ces zones.
  • Les aides financières pour le rachat d’une entreprise par ses salariés : lors de ce type de reprise, les salariés repreneurs constituent une holding qui leur permet de bénéficier du Crédit d’impôt sur les sociétés et d’une exonération des droits d’enregistrement de l’entreprise. Le Contrat de Développement Transmission de BPI France permet aux salariés d'obtenir un prêt sans garantie ni caution personnelle, à condition que l'entreprise ne soit pas en difficulté financière.

La bonne gestion financière de l’entreprise au quotidien : un facteur-clé de réussite pour l’entreprise

Une fois l’entreprise créée, une bonne gestion des finances d’entreprise au quotidien par l’entrepreneur est impérative pour assurer sa pérennité, son développement et sa croissance.

La gestion financière d’une entreprise, qu’est-ce que c’est ?

La gestion financière recouvre toutes les activités visant le contrôle, la planification et l’optimisation des liquidités et des avoirs au sein de l’entreprise. Ses objectifs principaux vont être d’assurer :
- la solvabilité de la structure vis-à-vis de ses fournisseurs et prestataires
- sa capacité à fonctionner tout en remboursant ses dettes
- sa rentabilité et sa capacité à investir à moyen et long terme.

  • Gestion du budget et des dépenses au quotidien

Pour le gestionnaire, le contrôle des dépenses d’entreprise s’appuie principalement sur le compte de résultat qui compile toutes les charges ainsi que les revenus d’activité et sur le bilan qui liste l’ensemble des actifs et passifs de l’entreprise avec les flux de trésorerie entrants et sortants.
En fonction du budget prévisionnel et des résultats observés, leur étude permet de réajuster la stratégie financière de l’entreprise.

  • Gestion du financement de l’entreprise

Prêts, investissements, prises de participation au capital, les financements extérieurs reçus par l’entreprise impliquent des obligations vis-à-vis des créanciers.
Une gestion financière rigoureuse par le dirigeant est obligatoire pour se conformer au plan de financement initial et honorer les échéances de remboursement.

  • Fiscalité

En fonction du statut juridique et du régime fiscal de l’entreprise, les bénéfices de l’entreprise seront soumis aux impôts sur le revenu ou aux impôts sur les sociétés.
À cette imposition s’ajoutent diverses contributions et impôts professionnels comme la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), les Contributions Économiques Territoriales (CET), la Taxe sur les salaires, la Participation des Employeurs à l’Effort de Construction (PEEC) etc.

  • Contrôle financier

L’analyse des résultats réels de l’entreprise permet de vérifier que son programme prévisionnel est bien respecté. En cas d’écart, le contrôle financier sert à mener des actions correctives. Réaliser un contrôle financier une fois par an est recommandé pour s’assurer de la bonne santé financière de l’entreprise.

Gérer ses finances d’entreprise au quotidien : les actions et processus à mettre en place  

  • Créer des échéanciers pour éviter les décalages de paiement

La gestion de la trésorerie est capitale pour le fonctionnement de l’entreprise au quotidien. On peut prévenir les problèmes de trésorerie en créant :
- des contrats et des échéanciers de paiement des factures clairs avec ses clients
- des processus pour automatiser les relances en cas de retard de paiement

En cas de difficultés, rester transparent vis-à-vis des créanciers facilitera la négociation d’un découvert ou de délais supplémentaires pour l’entrepreneur.

  • Etablir un calendrier des échéances et remboursements à venir

L’année est ponctuée de rendez-vous pour l’enregistrement comptable des recettes et achats, les déclarations fiscales, les fiches de paye, les déclarations sociales de l’entreprise.

  • Définir les KPI à suivre pour l’analyse financière de la société

Les indicateurs clés de gestion (KPI) regroupent toutes les données financières reflétant les points qui impactent l’activité et les résultats de l’entreprise. L’analyse par le dirigeant de leur évolution permet d’adopter des mesures correctrices si nécessaire et prendre de bonnes décisions en matière d’investissement.

  • Choisir les bons outils pour la gestion financière d’entreprise

Pour piloter son entreprise et suivre les KPI, les logiciels de facturation, comptabilité ou suivi financier sont pléthore sur le web. Le choix des outils par le dirigeant doit se faire en fonction de la taille de l’entreprise, de son secteur d’activité, et d’un niveau de complexité adapté au profil des utilisateurs.

  • S’appuyer sur l’expertise des professionnels…

Lorsqu’on vient de créer son entreprise, le plus simple pour l’entrepreneur est de se faire accompagner par un cabinet comptable ou expert-comptable.
- Le comptable gère les actes au quotidien : comptes courants, déclarations de TVA, établissement des feuilles de paie, déclarations sociales et fiscales…
- L’expert-comptable accompagne les dirigeants dans leurs choix juridiques et fiscaux afin d’optimiser la gestion de l’entreprise. Ses missions : vérification, contrôle et conseil.

  • … Tout en gardant la main sur ses finances !

Même accompagné, un dirigeant doit rester capable d’analyser les performances de l’entreprise, de réaliser des prévisions budgétaires réalistes et de vérifier l’état de la trésorerie pour pouvoir prendre les décisions qui s’imposent.