Souple, hygiénique, isolant et surtout bon marché : le plastique ne manque pas d'atouts pour les industriels et est devenu omniprésent dans notre quotidien. Mais son utilisation massive est devenue un sérieux problème environnemental : les morceaux de plastique s'accumulent dans les sols et les océans. Sans le savoir, les humains et les animaux ingèrent également une quantité croissante de microparticules...

Pour inverser la tendance, plusieurs start-up françaises imaginent des solutions innovantes. Pyxo est l'une d'entre elles. Cette jeune pousse vient de lever 7 millions d'euros en seed auprès des fonds Eurazeo et FiveSeasons Venture afin d'aider les acteurs de la restauration et du fast-food à utiliser des contenants réutilisables au lieu des emballages plastiques jetables.

Infrastructure connectée

La société a développé des outils qui permettent de scanner des contenants (avec des QR code ou des puces RFID). L'objectif ? Pouvoir les suivre tout au long de leur cycle de vie. Grâce aux données collectées sur la plateforme Pyxo, les entreprises peuvent mieux gérer leurs stocks, s'assurer que les contenants sont bien nettoyés (quand cette activité est sous-traitée), et recyclés en fin de vie. « Il faut construire une infrastructure globale avec des centres de lavage, des logisticiens du réemploi et des points de collecte, où les usagers peuvent rapporter les contenants réutilisables. Et surtout, il faut que cet écosystème soit interconnecté », insiste Benjamin Peri, le cofondateur de Pyxo.

La société, qui travaille déjà avec Sodexo, Foodles ou Popchef, assure avoir déjà signé un gros contrat avec un géant du fast-food - sans préciser lequel - pour déployer des contenants réutilisables. L'entrepreneur a conscience de s'attaquer à un problème difficile. « Le réemploi reste, à ce jour, plus cher que le jetable », rappelle-t-il. Mais plus les contenants seront réutilisés, moins ils coûteront cher aux entreprises, et meilleur sera leur impact environnemental.

Bouteilles rechargeables

La loi devrait donner un coup de pouce à la jeune pousse puisque les emballages jetables seront interdits dans la restauration rapide à partir du 1er janvier 2023. « C'est un nouveau marché. Nous sommes obligés d'évangéliser et d'itérer très vite », observe Benjamin Peri.

Dans un registre différent, la start-up 900.care veut aider les Français à limiter la consommation de plastique pour les produits d'hygiène, qui terminent la plupart du temps dans les poubelles de salle de bains. « Ce n'est pas tenable », déplore Aymeric Grange, le patron de la société. La jeune pousse a développé une gamme de produits (gel douche, dentifrice, déodorant, etc.) rechargeables. Ceux-ci sont vendus vides et doivent être conservés. Le client doit ajouter à l'intérieur un bâtonnet à mélanger avec de l'eau. La réaction chimique permet de constituer le produit. La start-up pratique la vente en ligne (sous la forme d'un abonnement notamment), mais vend aussi ses produits en boutique. « Ils sont disponibles dans 135 Monoprix », précise l'entrepreneur.

Signe de l'attractivité pour les start-up qui veulent réduire l'utilisation du plastique, 900.care a récolté 10 millions en amorçage cet été. « Cela peut être un bon positionnement. Les investisseurs voient qu'il y a un changement majeur en matière d'usage des consommateurs », est convaincu Aymeric Grange.

Des start-up françaises s'attaquent aussi au dernier maillon de la chaîne du plastique : le recyclage. La plus prometteuse est Carbios. Fondée en 2011, la société a développé pendant une dizaine d'années des technologies qui permettent de recycler le polyéthylène téréphtalate (plus connu sous l'abréviation « PET ») à l'infini. En 2020, la biotech a fait la une de la prestigieuse revue scientifique « Nature ». Cette année, elle a levé 114 millions d'euros en Bourse pour financer son passage à un stade industriel, qui se matérialisera par l'ouverture d'une usine de recyclage de PET à l'horizon 2025.

La société, qui vient de changer de dirigeant, prévoit aussi de vendre sa technologie sous forme de licence. Plusieurs grands groupes sont déjà intéressés (L'Oréal, Nestlé, PepsiCo, etc.). De son côté, Lactips a amassé 13 millions afin de démarrer la production à grande échelle de ses plastiques à base de protéine de lait et qui sont biodégradables à 100 %. Une alternative prometteuse aux plastiques traditionnels.