L'entrepreneuriat a la cote auprès des jeunes générations. Un baromètre d'Opinionway pour le Moovjee (mouvement des jeunes entrepreneurs) indique que, en 2021, 42 % des étudiants et élèves en lycée professionnels s'imaginent un jour créer ou reprendre une entreprise, contre 34 % en 2015.

Cette envie d'entreprendre des plus jeunes s'accompagne de passages à l'acte, puisqu'on constate un rajeunissement des créateurs. Au moment de l'immatriculation, l'âge moyen des dirigeants d'entreprises qu'elles soient individuelles ou en société, est aujourd'hui de 40 ans contre 41,1 ans en 2018, selon le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. Les motivations des jeunes à créer dès la fin de leurs études ont elles aussi évolué.

« Plein de questionnements sur l'avenir »

« Lorsque nous avons fondé le Moovjee en 2009, les porteurs de projet se sentaient incapables de faire autre chose que de créer leur boîte. Il était pour eux impossible d'entrer dans le cadre de l'entreprise déjà structurée. Aujourd'hui, ce type de profil existe encore, mais il est dilué dans la masse d'autres profils, motivés par les enjeux sociétaux ou écologiques par exemple », explique Bénédicte Sanson, la déléguée générale de cette structure d'accompagnement des jeunes entrepreneurs.

Cette volonté de changer les choses a poussé Marius Hamelot et son associé Jim Pasquet à lancer SasMinimum en 2017. C'est sur les bancs de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles que l'entrepreneur s'est initié aux principes de la construction durable et à l'éco-conception. Sa start-up a développé une méthode de thermocompression pour créer, à partir de plastique recyclé, des « pavés » qui seront utilisés dans la construction.

La société compte aujourd'hui 18 salariés, avec une unité de production située à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « La volonté de changer les choses a toujours été présente en moi. Elle est liée à plein de questionnements sur l'avenir. L'engagement est un trait qui doit se retrouver chez les entrepreneurs », raconte Marius Hamelot

Impact France est une sorte de Medef de l'engagement, une association qui rassemble les entreprises à impact en France. Elle porte leur voix politiquement et médiatiquement.

Des projets avec un impact positif pour la planète

Le mouvement est actuellement coprésidé par Eva Sadoun, cofondatrice du site de financement participatif Lita, et par Jean Moreau, le fondateur de Phenix. « Il y a une quête de sens des nouvelles générations, une volonté pour les jeunes de diriger leur énergie dans l'impact », considère Jean Moreau. Un quart des étudiants intéressés par la création d'entreprise souhaitent d'ailleurs que leur projet ait un impact positif sur l'environnement, selon l'enquête du Moovjee. Pour sa directrice générale, Bénédicte Sanson, les jeunes se tournent aussi vers l'entrepreneuriat car leur parcours est plus balisé qu'auparavant : « On voit de plus en plus de jeunes qui ne pensaient pas créer leur entreprise, mais qui ont suivi, durant leur parcours d'études, des formations, des simulations ou des conférences. Cela a fait germer l'idée dans leur tête. » Toutes ces raisons dessinent un nouveau rapport entre les jeunes attirés par l'entrepreneuriat et le salariat. « Beaucoup font le choix d'entreprendre après une première expérience professionnelle qui dure quelques années. Non pas que l'entreprise dans laquelle ils travaillaient soit particulièrement désagréable, mais ils ne s'y retrouvent pas forcément en termes de sens », précise Bénédicte Sanson.

A la fin de ses études de marketing, en 2014, Victoria Benhaim fait face à un dilemme. Un dilemme auquel ont été confrontées des générations de diplômés avant elle. « Soit je créais ma boîte, soit je me faisais embaucher en CDI dans l'entreprise qui m'a prise en stage , dans le domaine de la santé », explique la jeune femme âgée aujourd'hui de 33 ans.

Finalement elle choisit le job à temps plein bien « au chaud » dans un grand groupe. Mais elle ressent toujours une démangeaison qui ne va cesser de s'intensifier. Elle finit par développer un projet entrepreneurial en parallèle de son emploi. « Je travaillais une cinquantaine d'heures par semaine, et je passais mes soirées et mes week-ends à maturer mon idée. »

En 2014, elle fonde Liva, une start-up proposant des bijoux avec une fonction d'appel d'urgence à destination des personnes âgées. Mais après le retrait d'un important investisseur, elle est obligée de liquider deux ans plus tard.

Abattue, Victoria Benhaim ne se sent tout de même pas prête à retourner vers le salariat, et lance I-Lunch, une start-up de livraison de repas à destination des entreprises, qui compte aujourd'hui 60 salariés, et affiche 300 % de croissance sur l'année 2020. « J'ai senti que j'avais la capacité, la force, la résilience d'apporter quelque chose. Ce qui me donne envie de me lever tous les matins, c'est d'aider les autres », assure l'entrepreneuse.

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