La route est encore longue pour accéder au podium. Mais la France fait son entrée dans le Top 20 de l'Index mondial compétitivité et talents élaboré par l'école de management Insead et Portulans. La huitième édition de ce baromètre, qui mesure la capacité d'un pays à attirer, produire et retenir des talents, la place en effet au 19e rang, sur 134 pays analysés. Classée 24e en 2017, elle était 21e depuis trois ans.

La France améliore donc son classement. Une conséquence directe de sa progression dans le palmarès des pays les plus innovants où elle pointe à la 11e place cette année, selon Bruno Lanvin, associé émérite à l'Insead et coauteur de l'étude. « En cinq ans, l'Hexagone a acquis le label d'une nation d'innovation », souligne-t-il.

Qualité des infrastructures télécoms

La France se situe néanmoins toujours loin de la Suisse, Singapour et les Etats-Unis qui font la course en tête. Elle reste également devancée par les pays scandinaves ainsi que par l'Allemagne (14e), les Pays-Bas (6e) ou le Royaume-Uni, qui a rétrogradé depuis 2020 à la 12e place, pénalisé par les effets du Brexit.

L'indicateur met en évidence une France appréciée pour la qualité de ses grandes écoles et universités ainsi que de ses infrastructures dans le domaine des télécoms et des technologies de l'information. S'agissant de sa capacité à retenir sur son territoire des personnes talentueuses, elle se classe d'ailleurs 12e, sa meilleure performance. « Elle parvient aussi à faire revenir les talents français qui sont partis se former à l'étranger », pointe Bruno Lanvin.

Le classement montre aussi les faiblesses de l'Hexagone. Sur le critère de l'attractivité, il ne se positionne ainsi qu'à la 34e place. La langue française demeure un obstacle. Par ailleurs, la France conserve l'image d'un pays où la régulation du marché du travail et la fiscalité restent lourdes et surtout fluctuantes. Ce, en dépit des promesses de stabilité fiscale d'Emmanuel Macron. Enfin la forte spécialisation de ses grandes écoles est perçue comme un inconvénient, tout comme l'accès plus restreint des femmes à des postes de direction.

Dernier point : même si la qualité de vie dans l'Hexagone est plébiscitée, ses villes, en revanche, ne sont que très moyennement placées. Paris et Marseille souffrent d'une image négative en termes d'environnement et de sécurité. Résultat, la capitale française n'arrive qu'en 32e position loin derrière Londres (9e) ou Munich (15e), mais devant Berlin (65e).