L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait vers 14H10 GMT de 1,52%, à 7.697,78 points.

L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, baissait de 0,36%, à 25.670,30 points, et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,57%, à 2.843,09 points.

Wall Street avait déjà évolué la semaine dernière au gré des tensions commerciales sino-américaines, qui ont relégué au second plan des éléments plus positifs comme la levée de tarifs douaniers sur le Canada et le Mexique ou le report de nouvelles taxes à l'importation sur le secteur automobile: le Dow Jones a enregistré une baisse hebdomadaire de 0,7%, le Nasdaq de 1,3% et le S&P 500 de 0,8%. 

Lundi, "les doutes qui entourent l'évolution des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine" reprenaient de nouveau le dessus, selon les analystes de Mirabaud Securities. 

Entre autres conséquences, "le secteur des semi-conducteurs est à la peine dans le sillage des sanctions américaines à l'encontre de Huawei". 

Le président américain avait en effet décidé mercredi, en plein bras de fer commercial avec la Chine, d'interdire aux groupes américains de télécoms de commercer avec des sociétés étrangères jugées "à risque" pour la sécurité nationale. 

- Tesla au plus bas depuis 2016 -

Dans la foulée, le géant américain Google (-1,90% pour sa maison mère Alphabet), dont le système Android équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi qu'il coupait les ponts avec Huawei.

Selon Bloomberg, plusieurs fournisseurs américains majeurs comme le géant des micro-processeurs Intel (-2,23%), le fabricant de puces Qualcomm (-5,08%) ou encore Broadcom (-4,52%) ont informé leurs employés qu'ils cesseraient, eux aussi, de fournir Huawei jusqu'à nouvel ordre.

D'autres géants du secteur reculaient également comme Apple (-3,34%) ou Microsoft (-1,16%).

Des groupes chinois cotés à Wall Street comme Alibaba (-4,57%) ou Weibo (-4,60%) étaient aussi durement touchés.

"Un autre sujet vient aussi s'immiscer ce matin dans l'équation : les tensions politiques avec l'Iran", ont relevé les experts de Mirabaud Securities.  

Les tensions entre Washington et Téhéran connaissent de fait un nouvel accès de fièvre depuis une dizaine de jours après l'annonce d'un renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées "menaces" iraniennes. Elles ont réveillé les craintes d'un affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis ou certains des alliés régionaux de Washington comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, et de ses éventuelles conséquences économiques.

Parmi les autres valeurs du jour, les opérateurs de téléphonie mobile Sprint et T-Mobile USA bondissaient de respectivement 22,44% et 5,00% alors que le patron du régulateur américain des télécoms a recommandé lundi la fusion, attendue de longue date, entre les deux groupes.

Le constructeur automobile Ford lâchait 0,49% après l'annonce de la suppression, d'ici août, de 7.000 emplois, ce qui correspond à 10% de ses effectifs. 

Tesla, déjà affecté la semaine dernière par un courriel d'Elon Musk aux employés du groupe les appelant à limiter les dépenses au vue de la situation financière précaire de l'entreprise, continuait à reculer, de 5,20%, et tombait à son plus bas niveau depuis 2016. Le constructeur de véhicules électriques était notamment sous la pression lundi d'une note d'un analyste de Wedbush abaissant sa prévision du niveau du prix de l'action dans 12 mois à 230 dollars.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à 10 ans des Etats-Unis se stabilisait, à 2,392% contre 2,391% vendredi soir.

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