Créer son entreprise est un avenir dans lequel se projettent de plus en plus de Français. Selon un sondage OpinionWay réalisé pour l'Union des autoentrepreneurs et la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires à l'occasion du Salon des entrepreneurs, 28 % des Français sont désireux de reprendre ou créer une entreprise. Un engouement confirmé par le record de créations d'entreprises enregistré par l'Insee en 2018.

Ce mouvement est toutefois moins fort que chez nos voisins européens. Au Royaume-Uni, plus de la moitié des personnes interrogées se projettent dans la création d'entreprise. Le ratio se monte même à 55 % en Espagne.

Attractivité du salariat

Si un gros quart des Français se voient entrepreneurs, il y a parfois loin du rêve à la réalité. En effet, seule la moitié de ces potentiels créateurs d'entreprise pensent réaliser leur projet dans les deux ans qui viennent. Le salariat garde une forte capacité d'attraction : 63 % des sondés voient leur avenir professionnel en tant que salarié uniquement. Un chiffre qui monte à 66 % au Royaume-Uni et même 71 % en Allemagne.

Le travail indépendant est surtout considéré comme un moyen de créer son propre emploi (88 % en France, 93 % au Royaume-Uni et 92 % en Espagne). Seulement la moitié des personnes interrogées en France y voient un moyen de bien gagner sa vie, alors que c'est le cas de 90 % des Britanniques, ce qui montre que le travail indépendant est perçu de manière très différente d'un pays à l'autre selon les cultures mais aussi selon la législation. En Espagne par exemple, seuls 55 % des sondés ont une bonne opinion du travail indépendant car le statut d'« autonomos », créé en 2007, a introduit une catégorie de travailleur autonome mais dépendant économiquement et dont les droits sociaux restent très limités. Une réforme, entrée en vigueur l'an dernier, tente d'améliorer les protections offertes à ces indépendants. Le manque de protection sociale est cité dans tous les pays comme la principale difficulté rencontrée par les entrepreneurs (52 % en France, 66 % en Allemagne et 76 % en Espagne). Bien loin devant la complexité des procédures administratives (44 % en France) ou encore la difficulté à trouver un logement ou à accéder à un crédit (31 %). « Il nous faut créer un socle des protections sociales attachées à la personne et avec une portabilité des droits, à l'instar de la formation professionnelle, estime François Hurel, le président de l'Union des autoentrepreneurs. Il faut éviter en revanche à tout prix l'idée d'un troisième statut hybride où la protection sociale serait prise en tout ou partie par les platesformes » Internet du type Uber ou Deliveroo.

La montée en puissance des plates-formes numériques, et la spécificité de la relation de travail qu'elles entretiennent avec les travailleurs qui opèrent pour elles, rend en effet nécessaire un changement de législation sur lequel planche en ce moment le gouvernement.