Et trois de plus. Avec Aix-en-Provence, Avignon et Toulon, Uber porte désormais à 15 le nombre de zones urbaines dans lesquelles sont délivrés ses services. Ces ouvertures font suite à l'opération estivale conduite par l'application sur le littoral atlantique et dans le sud du pays. « Sur les deux mois de la saison, 600 chauffeurs ont réalisé leur activité avec nous dans ces villes et nous y avons enregistré plus de 40.000 demandes de courses », explique Rym Saker, porte-parole de l'entreprise en France. Dans les onze autres villes testées cet été comme Deauville, Saint-Jean-de-Luz et Biarritz, la demande a en revanche été jugée « trop cyclique » pour fournir suffisamment de travail aux VTC. L'activité y aurait pourtant augmenté de 35 %, mais elle est le fait d'une fréquentation majoritairement étrangère, selon l'analyse de données dont se sert Uber pour cibler son déploiement.

Malgré la longueur des démarches pour devenir chauffeur VTC depuis le vote de la loi Grandguillaume régulant leur nombre, le groupe a enregistré en France une croissance significative : entre mars et juin, les effectifs de conducteurs utilisant l'application ont gonflé de 3.000, pour s'établir à un total de 28.000, tandis que le nombre de passagers transportés a franchi le cap des 3 millions.

Taxis inquiets

La grogne des taxis n'est pas près de s'éteindre. Dans la cité papale, la profession s'était mobilisée cet été pour protester contre l'arrivée d'Uber. « Nous allons veiller à la stricte application de la loi et des règles. Hors de question de les voir rouler dans les voies de bus, occuper des emplacements réservés ou prendre des clients à la volée », prévient aujourd'hui Jean Capezza, le président du Syndicat des artisans du taxi de Vaucluse, qui s'inquiète des risques de cannibalisation du marché et de baisse du prix des courses.

« Notre couverture est maintenant suffisante sur la côte méditerranéenne », explique Uber. Outre les trois nouvelles villes ouvertes au Sud, l'application est active à Toulouse, Montpellier, Marseille, Cannes et Nice.

Une autre métropole sera ouverte d'ici à la fin de l'année, mais le groupe mise surtout sur le déploiement de nouveaux services pour maintenir son rythme de croissance. Début juillet, il a signé un accord de partenariat expérimental avec la régie Ligne d'Azur, qui exploite le réseau des transports urbains pour la métropole Nice Côte d'Azur. Son objectif est d'offrir un service nocturne de mobilité à la demande quand le tram et le bus s'arrêtent de fonctionner. Les voyageurs paieront un prix fixe de 6 euros pour une course en Uber depuis et vers l'une des stations de la ville. Le complément sera payé au chauffeur par la métropole. Si l'expérience est concluante, le groupe pourrait alors proposer ce service à d'autres collectivités parmi les quinze où il opère.

Mobilité douce

D'autres services vont être déployés en régions, à commencer par l'option UberGreen. Lancée à Paris en juin 2016, elle permet de commander une course avec un véhicule hybride ou électrique. « Il s'agit d'encourager une mobilité plus durable », explique le groupe, qui précise que 2.800 véhicules sont concernés. A Nice, Bordeaux et Lille, de nouveaux chauffeurs vont être encouragés à rouler propre grâce à une prime de 4.000 euros versée par Uber en complément de la prime gouvernementale.

Le groupe veut, enfin, promouvoir la mobilité douce en intégrant à son application d'autres modes de transport pour réaliser des trajets courts en centre-ville. Il a investi dans deux start-up dont il va progressivement déployer les services : Jump, dont l'offre de vélos électriques en libre-service sera prochainement disponible à Paris, et Lime, dont l'offre de trottinettes électriques en « free floating » vient de débarquer à Bordeaux.