Sur son compte Facebook, Leonid Volkov, l'un des alliés de M. Navalny, a affirmé que plus de 150 fouilles et saisies de matériel avaient touché les équipes de l'opposant dans au moins 39 villes de Russie.

"Cela ne touche pas seulement les appartements des coordinateurs et les bureaux, mais aussi les domiciles des collaborateurs et des bénévoles actifs", a précisé Leonid Volkov sur Twitter, ajoutant que la police était notamment intervenue dans les villes de Nijni Novgorod, Vladivostok, Kazan, Ekaterinbourg, Novossibirsk ou encore à Saint-Pétersbourg. 

Selon lui, les perquisitions sont toutes liées à une enquête sur le blanchiment supposé de 1 milliard de roubles (près de 14 millions d'euros) par l'organisation anticorruption de M. Navalny. L'affaire avait été lancée début août, alors que Moscou était secoué par des manifestations contre l'exclusion de candidats d'opposition à un scrutin local.

Dans les urnes, ce vote s'est traduit dimanche par un revers cinglant des candidats pro-pouvoir à Moscou, où ils ont perdu près d'un tiers de leurs sièges par rapport à la précédente mandature. Alexeï Navalny avait appelé les électeurs à "voter intelligemment" en soutenant les candidats les mieux placés pour battre ceux du Kremlin.

Tous les candidats de l'équipe de M. Navalny avait été exclus de ce scrutin à Moscou. En réaction, ils avaient vivement soutenu une série de manifestations d'une ampleur inédite depuis 2012 et fermement réprimée par les autorités.

Dénonçant un "coup massif", Kira Iarmych, la porte-parole de M. Navalny, a qualifié ces nouvelles perquisitions "d'acte d'intimidation" et de "vol" visant à paralyser le travail de son organisation.

La semaine dernière, les bureaux moscovites et le studio d'enregistrement de l'équipe de M. Navalny avaient déjà été visés par une perquisition de policiers cagoulés.

Le mouvement indépendant Golos, spécialisé dans l'observation des élections en Russie, a également annoncé jeudi avoir été visé par deux opérations de police contre ses employés en région.

Selon le journal The Bell, ces interventions viseraient à empêcher le développement de l'organisation de M. Navalny en province, afin d'éviter des déconvenues électorales semblables à celle de dimanche à Moscou.