Le ministre des Finances, sur qui la pression monte depuis plusieurs jours, a annoncé mercredi qu'il renonçait à présenter un budget pour le gouvernement britannique cet automne comme prévu afin de se concentrer sur l'emploi.

Ses annonces sont très attendues à l'heure où la pandémie de nouveau coronavirus progresse à toute vitesse dans le pays, occasionnant de nouvelles mesures de restrictions, notamment l'incitation à travailler de chez soi pour ceux qui le peuvent alors que le gouvernement tentait jusqu'alors de faire revenir les employés dans les grands centres d'affaires désertés depuis le confinement.

Une fermeture des pubs et bars à 22H00 a également été décidée, ce qui va pénaliser un secteur déjà durement touché par la pandémie puisque tous ces établissements ont été forcés de fermer de fin mars à début juillet.

Ces entraves à l'activité pourraient se durcir si elles ne parviennent pas à freiner suffisamment l'avancée du virus, et tuer dans l'œuf la fragile reprise économique après une récession historique au premier semestre.

Si les annonces de suppressions de postes par milliers se succèdent, notamment dans la distribution, l'aviation, la restauration, les économistes et milieux d'affaires redoutent des plans sociaux bien plus massifs à l'expiration du mécanisme de chômage partiel.

"Il est essentiel que le gouvernement présente un plan de soutien financier ciblé pour la distribution, la restauration, les bars et l'hôtellerie, et la culture, qui seront les plus durement touchés par les nouvelles restrictions, ainsi qu'une prolongation ciblée du chômage partiel", a ainsi plaidé le maire de Londres Sadiq Khan mercredi sur Twitter. 

D'après la presse britannique, M. Sunak pourrait annoncer une baisse de TVA, des prêts destinés aux entreprises particulièrement frappées par la crise. 

La confédération syndicale TUC ou l'organisation patronale CBI militent en faveur de nouvelles subventions de salaires pour compléter les rémunérations de ceux qui sont forcés de travailler à temps partiel à cause d'une demande en baisse, dans la veine de systèmes en vigueur en France ou en Allemagne.