La direction confédérale de la CGT s'est désolidarisée dans un communiqué de cet acte, se disant attachée "à un débat démocratique dans lequel chaque organisation syndicale a le droit de défendre ses positions" .

La CFDT, qui a déposé plainte lundi matin contre une première intrusion trois jours auparavant, revendiquée par la Coordination RATP-SNCF, a été visée par une nouvelle action, cette fois menée par "une quinzaine de personnes encagoulées" et "habillées de noir", qui ont coupé l'électricité pendant quelques minutes.

Cette intrusion, revendiquée par neuf syndicats CGT Energie franciliens (Paris, 91, 93, 94, 95, 77, 78, Ouest Ile-de-France et Bagneux), a duré "un petit quart d'heure. Ils savaient exactement où était l'alimentation générale d'électricité et l'ont coupée", a-t-on précisé à la Confédération. Une source policière a confirmé qu'"une quinzaine de personnes ont pénétré à 11h20 au siège de la CFDT", dans le XIXe arrondissement.

Elles n'ont rien dit et n'ont pas fait référence à la réforme du projet de retraite universelle par points, que soutient la confédération. Mais "il a été retrouvé sur les lieux des tracts de la CGT Energie contre la réforme des retraites", a indiqué la source policière.

"Je condamne cette action, je la trouve inacceptable. Et la CFDT, comme pour l'intrusion de vendredi dernier, va porter plainte", a réagi en début de soirée son secrétaire général, Laurent Berger, sur RTL.

Interrogé sur LCP-Public Sénat, M. Berger a précisé avoir parlé dans la journée à son homologue de la CGT, Philippe Martinez, qui "a condamné cet acte à titre personnel".

- "Contre-productif" -

Contacté par l'AFP, le parquet de Paris a indiqué lundi avoir ouvert deux enquêtes distinctes sur ces intrusions, confiées au commissariat du XIXe arrondissement de Paris. L'enquête sur la première intrusion porte sur des faits de "violences volontaires" et de "participation à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ou des violences", tandis que la seconde a été ouverte"pour "dégradations en réunion" et "violation de domicile".

Sur le site Facebook de la CGT Energie Paris, un communiqué des neuf syndicats fait clairement le lien avec le projet de système universel de retraite par points.

"Berger négocie les couleurs et les formes de nos futures chaînes et celles de nos enfants, sans jamais avoir participé à la grève reconductible contre la retraites à points", écrivent-ils dans un communiqué.

Fabrice Angéi, secrétaire confédéral de la CGT, a toutefois pris ses distances avec "ce genre d'opération (qui) n'apporte rien au combat, voire même peut être contre-productif".

"Il ne faut pas tomber dans le piège de la radicalité, il faut être concentré sur le fond, sur le contenu de la réforme", a insisté ce dirigeant national de la centrale syndicale au micro de BFMTV.

Membre de la coordination RATP-SNCF, Anasse Kazib, par ailleurs délégué SUD-Rail à Paris-Nord, a indirectement répondu, toujours sur BFMTV, aux accusations de surenchère: "il n'y a pas d'agressivité à couper l'électricité ou à (...) chanter trois chansons et faire une prise de parole", a-t-il dit.

La CFDT a porté plainte dans la matinée concernant l'intrusion de vendredi, Laurent Berger évoquant sur RMC et BFMTV "des insultes", "des crachats", laissant un salarié en incapacité temporaire de travail.

bow-ls-sm-jlo-esp-dar-vab/cel/cbn/it