C'est parti pour les élections de représentativité syndicale dans les entreprises de moins de 11 salariés. Le site qui leur est consacré a été lancé ce jeudi. Ce scrutin a lieu tous les quatre ans. Le précédent rendez-vous, en 2017, avait été déplacé de quelques semaines à la suite d'un contentieux sur une des listes syndicales déposées - celle du Syndicat des travailleurs corses auquel la CGT déniait le droit de se présenter hors de l'île.

Cette fois-ci, il n'y a pas eu de surprise de ce côté-là... Mais le scrutin a été décalé pour une autre raison : l'épidémie de Covid. Il a été acté l'été dernier qu'elle aura lieu en définitive entre le 22 mars et le 4 avril 2021.

De la CFDT aux anarchistes

Si les cinq confédérations déclarées représentatives dans le privé (CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC) vont recueillir l'essentiel des voix, six autres syndicats concourent au niveau national interprofessionnel. Il y a l'Unsa, qui talonne la CFTC lorsque l'on cumule ses scores dans le privé et dans le public, mais n'atteint pas - ou pas encore - le seuil de 8 % exigé dans le privé pour obtenir une représentativité tous secteurs confondus. Il y a aussi Solidaires (dont les Sud) et les anarchistes de la Confédération nationale du travail (CNT), notamment présente dans le secteur du nettoyage.

Mais aussi un syndicat qui ne s'affiche que pour les élections dans les TPE, l'Union des syndicats anti-précarité, et la Confédération autonome du travail (CAT), qui rassemble quelques syndicats d'entreprise de secteurs divers. Le Syndicats des travailleurs corses a aussi gagné le droit de se présenter sur le continent en 2016. Et selon les régions et les conventions collectives, d'autres organisations de salariés viennent s'ajouter.

8 % de participation en 2017

La finalisation de la liste électorale est une question de jours. Certains salariés de TPE ont déjà reçu - et d'autres vont recevoir bientôt - un courrier du ministère du Travail où figurent leur identifiant et leur mot de passe pour participer au scrutin. Ceux qui ont été oubliés ont jusqu'au 27 janvier pour demander à être inscrits sur les listes électorales.

En 2017, les confédérations avaient relevé un nombre important d'erreurs d'adresse qui avaient empêché des salariés de voter. Pour y remédier, le site élection-tpe permet, en entrant ses nom, prénom, date de naissance et convention collective, de vérifier si on est inscrit ou pas. Ce ne sera cependant pas suffisant pour inverser la tendance à une très forte abstention. La participation n'a pas franchi la barre des 8 % en 2017. Et le Covid n'améliore pas les perspectives en la matière.

Ce scrutin est cependant important . Cumulé avec le résultat des élections professionnelles dans les entreprises plus grosses, il va déterminer les rapports de force intersyndicaux pour les quatre prochaines années.