L'objectif, souligne-t-on à France Télévisions, est de "recentrer les offres du groupe autour des programmes de création (fictions, documentaire, spectacle vivant, animation) et de l'information", tout en faisant "monter en puissance les offres numériques". Ce qui passe par redonner une plus grande cohérence aux grilles de chaque chaîne, et renforcer leur complémentarité.

Un travail qui s'inscrit dans la réforme de l'audiovisuel public, et qui veut aussi répondre aux attentes du public exprimées lors de la consultation citoyenne "Ma télé demain" (renouvellement ; diversité ; proximité ; culture/connaissances ; décryptage de l'info).

Dans ce cadre, les efforts se concentrent sur la refonte des matinées de France 2, après celle des après-midi en 2017, avec la disparition annoncée de plusieurs émissions vénérables.

Après l'arrêt en début d'année de "Thé ou café", "C'est au programme", magazine quotidien de Sophie Davant (devenue reine des après-midis de la chaîne avec "Affaire conclue"), ne reviendra pas à la rentrée, au profit d'un "renforcement de Télématin".

Exit également le jeu "Motus", dont l'animateur Thierry Beccaro a lui-même annoncé son départ.

Patrick Sébastien, quant à lui, a fait ses adieux la semaine dernière, après 23 ans de divertissements populaires sur la 2.

Et dans ce remue-ménage, plusieurs émissions vont passer de France 2 à France 3 : c'est déjà fait pour "Un jour un destin", ce le sera à la rentrée pour "Le village préféré des français", et peut-être "Stade 2".

- Mobilisation pour Soir 3 -

Plus polémique, le groupe pourrait basculer "Soir 3" sur franceinfo, à 22H30, avant une rediffusion beaucoup plus tardive sur France 3.

Un projet vivement critiqué par le SNJ, qui dénonce une "suppression" du journal. Des pétitions circulent pour défendre Soir 3, qui a fêté l'an dernier ses 40 ans, dont l'une frôle les 5.000 signatures. Le maire du village de Talmont-sur-Gironde, Stéphane Loth, tente également de mobiliser les maires ruraux.

L'avenir de Thalassa suscite aussi des inquiétudes : le magazine lancé en 1975 pourrait perdre sa case du lundi soir, et passer le dimanche après-midi. Faisant craindre à la CGT un lent naufrage du magazine de la mer.

Pour Véronique Marchand, secrétaire générale du SNJ-CGT de France Télévisions, ces changements sont autant de sources d'inquiétudes et se préparent dans "une ambiance délétère", entre le plan d'économies et de redéploiements (près de 400 millions d'euros sur trois ans) imposé par le gouvernement, et le plan de départs volontaires (jusqu'à 900 postes nets supprimés sur 3 ans) concocté par la direction.

"Ce n'est pas le moment d'affaiblir le service public audiovisuel, et en particulier l'information, en lui retirant des moyens, à l'heure où certains remettent en cause la démocratie", s'insurge-t-elle.

De son côté, Vincent Gisbert, délégué général du Spect, un syndicat de producteurs audiovisuels, fait part "de vives inquiétudes que le budget des programmes et notamment ceux de flux soit à nouveau la variable d'ajustement budgétaire de France Télévisions", alors que "c'est pourtant l'ADN des chaînes et ce qui crée un lien particulier avec les téléspectateurs".

"Le +Divertir+, qui fait partie des trois grandes missions du service public, ne doit en aucun cas être sacrifié", plaide-t-il, soulignant que d'autres télévisions publiques comme la BBC en ont fait "un axe absolument majeur de leur offre de programmes".

L'enjeu est de voir quelles émissions le service public pourrait lancer en remplacement des programmes supprimés.

"Nous attendons que de nouveaux formats et projets de divertissements voient rapidement le jour sur les antennes notamment en prime time. Cela doit être une priorité : on a d'ailleurs le sentiment que la direction de France Télévisions est consciente de l'importance des magazines, jeux et divertissements dans son offre de programmes", ajoute Vincent Gisbert.

Cependant, peu d'informations ont fuité jusqu'ici sur les nouvelles émissions en préparation. Et le groupe n'a pas commenté l'information du site Puremedias, évoquant une prochaine arrivée sur France 2 du journaliste de Konbini Hugo Clément, qui pourrait aider la chaîne à rajeunir son public.