La crise de l’épidémie du coronavirus pourrait avoir pour conséquence de modifier le rapport des Français aux modes de transports classiques. Après cette période de confinement, la mobilité individuelle, meilleur moyen de maintenir une distanciation sociale, devrait connaître une reprise forte, mais cela ne signifie pas forcément le retour en grâce de la voiture à essence ou diesel. Les aides mises en place pour la voiture électrique et l’intérêt pour les mobilités douces telles que les vélos ou les trottinettes devraient remodeler le paysage urbain du déconfinement.

Quel avenir pour la voiture ?

De nombreuses voix convergent pour dire que la voiture devrait connaître un regain d’intérêt au cours de l’année 2020. En effet, certains utilisateurs pourraient être tentés de l’utiliser pour des trajets courts, comme le domicile-travail en zone urbaine, pour lesquels ils privilégiaient avant les transports en commun.

Toutefois, ce retour de la voiture ne devrait pas forcément signifier un retour en arrière. Les technologies électriques, hydrogènes et hybrides faisaient déjà partie des priorités des constructeurs pour le lancement de nouveaux modèles de voitures en 2019. La crise du Covid devrait accélérer cette transformation et les plans de relance joueront un rôle clé dans ce virage.

Les nouveaux acquéreurs de voiture pourraient aussi favoriser ce type de véhicules et profiter de l’augmentation récemment annoncée des primes à l’achat de voitures électriques.

Le vélo s’impose dans les métropoles à la suite de la crise du Covid

Les capteurs installés dans Paris ont comptabilisé un nombre de cyclistes record le 19 mai dernier. Sur la seule rue de Rivoli, interdite aux voitures individuelles, ce sont plus de 10 000 cyclistes qui se sont croisés en l’espace de 24 h.
L’augmentation de l’offre de pistes cyclables et les grèves de transports en commun on fait exploser les ventes de vélo en 2019 et au début de l’année 2020. Cet élan a été stoppé net par le confinement. Néanmoins, depuis quelques semaines, les ventes repartent à la hausse, pour les vélos neufs comme pour les vélos d’occasion, notamment grâce au nouveau chèque réparation vélo offert par l’Etat, d’un montant de 50 euros. Elisabeth Borne a récemment annoncé que, forte de son succès, cette subvention serait amenée à tripler prochainement.

La petite reine s’électrifie

La bonne croissance du secteur du vélo s’explique par les ventes de vélos à assistance électrique (VAE) qui se sont vendus à plus de 388 100 unités en France en 2019, soit une hausse de 12,1 % par rapport à l’année précédente. Avec les aides dédiées de l’État et des municipalités, ils sont de plus en plus plébiscités en plus d’une offre qui s’étoffe. High-tech, design, pliants, robustes, légers, maniables, citadins, avec une autonomie et une puissance idéale pour les trajets urbains et les côtes quelle que soit la charge transportée, on trouve des vélos électriques de toutes sortes.

La région Île-de-France a notamment créé une offre de location longue durée de vélo électrique baptisée « Véligo » pour les particuliers et les compagnies de free-floating parient également sur les vélos et trottinettes électriques pour gagner les habitudes des citadins.

On constate également la recrudescence de livraisons écologiques, avec des livreurs en vélo cargo électrique, chez les commerçants des villes entre autres sensibles aux considérations environnementales.

Un essor pour tous les types de mobilité douce

D’autres types de mobilités durables sortent aussi renforcés de la crise du Covid-19. Les Velibs enregistrent actuellement près de 90 000 locations par jour en Île-de-France. Le département du Val-de-Marne a d’ailleurs augmenté son offre de vélos de 15 % pour faire face à la demande.

La trottinette électrique, qui s’est imposée sur les bitumes au cours de l’année 2019 (478 000 unités vendues, soit 4 fois plus qu’en 2017) devrait aussi continuer à séduire en 2020, en raison de sa facilité à stocker et sa facilité d’utilisation pour les petits trajets en ville.

Les mobilités douces devraient aussi profiter du nouveau forfait mobilités durables que les entreprises peuvent proposer à leurs salariés, pour payer une partie de leurs déplacements et qui est plus englobant que l’indemnité kilométrique vélo qui existait jusqu’à présent.

Ces nouveaux usages et cet afflux d'utilisateurs posent la question de l’aménagement de parcours sécurisés en ville et en périphérie, pas toujours prévus dans les plans d'urbanisme. Le coronavirus est un accélérateur d’initiatives en faveur du développement de pistes cyclables temporaires qui pourraient devenir permanentes !