Embaucher un collaborateur représente une charge conséquente pour un professionnel. Inventaire des dispositifs susceptibles d’alléger le coût d’un recrutement.

La palette des dispositifs d’aide à l’embauche fluctue au gré des hauts et des bas du marché de l’emploi. Comme ce dernier a repris des couleurs, croissance aidant, l’Etat se montre moins généreux qu’il y a quelques années, où les incitations se succédaient pour tenter de surmonter l’attentisme des employeurs. Aujourd’hui, les dispositifs d’aides à l’embauche sont essentiellement accordés aux recrutements de publics ciblés : apprentis, personnes en contrat de professionnalisation, habitants des quartiers prioritaires de la ville…

La réduction Fillon, une aide financière « tous publics »

Une exception toutefois : la réduction Fillon sur les bas salaires, qui s’applique à toutes les embauches de salariés, que ce soit en CDI ou en CDD, sans condition de durée. Pour le coup, il ne s’agit pas d’une subvention en espèces sonnantes et trébuchantes, mais d’une conséquente réduction des cotisations patronales de sécurité sociale, totale pour les salariés rémunérés au Smic, et ensuite dégressive jusqu’à 1,6 Smic. Soit une économie potentielle de 421 € par mois au maximum pour l’employeur. Bonne nouvelle : son champ devrait être élargi l’année prochaine à d’autres cotisations (chômage notamment).

Les aides à l’embauche pour le recrutement d’un apprenti

De nombreux artisans recrutent des apprentis en vue de les former et de les embaucher ensuite. Outre le fait que la rémunération d’un apprenti varie entre 25 % et 80 % du Smic, selon l’âge et l’ancienneté, ce choix ouvre droit, sous conditions, à plusieurs dispositifs d’aide à l’embauche.
D’abord, une subvention de 4 400 € pendant la première année du contrat, pour l’embauche d’un jeune de moins de 18 ans en apprentissage (aide « TPE jeunes apprentis »). Ensuite, une prime régionale d’un montant de 1 000 € minimum pour chaque année de formation (sans condition d’âge cette fois). Enfin, une exonération de cotisations sociales, ainsi qu’un crédit d’impôt de 1 600 €. Attention: par souci de lisibilité, ces dispositifs devraient être fusionnés l’année prochaine. Leur montant pourrait changer.

Les contrats de professionnalisation ouvrent droit à des aides financières

Sur le même principe que l’apprentissage, le contrat de professionnalisation permet de recruter un collaborateur en entreprise, dans le cadre d’une formation en alternance, mais sans limite d’âge cette fois. Là aussi, les conditions de rémunération sont favorables à l’employeur - de 55 à 80 % du Smic pour un jeune de moins de 26 ans. Ce type de contrat ouvre droit, sous condition d’âge, à une aide financière de Pôle emploi plafonnée à 2 000 € ainsi qu’à une exonération de cotisations sociales.

Les emplois francs, une aide à l’embauche ciblée sur certains quartiers

Dernier soutien en date, le dispositif des emplois francs accorde une aide financière aux professionnels qui embauchent un demandeur d'emploi résidant dans certains quartiers prioritaires de la politique de la ville. Son montant varie selon le type et la durée du contrat proposé (CDI ou CDD d’au moins 6 mois), de 2 500 à 5 000 € par an, pour une durée de 3 ans maximum. Cette aide est valable pour les embauches conclues jusqu’au 31 décembre 2019.