Il y a urgence. La deuxième vague de l'épidémie de Covid pourrait creuser les inégalités entre femmes et hommes. C'est ce que révèle cette semaine le baromètre du Women's Forum dans les pays du G7. « Ces sept pays représentent 280.000 milliards de dollars, soit 62 % de la richesse mondiale. Ils doivent être exemplaires pour entraîner les autres ! » déclare Chiara Corazza, directrice générale de ce Davos au féminin, qui a ouvert ses portes virtuelles mardi, pour trois jours, sur le thème de la relance et de l'inclusion.

Or l'enquête, lancée sous l'impulsion de Publicis, AXA et BNP Paribas et menée en août par Ipsos, dévoile que dans ces pays, les femmes redoutent l'avenir : 59 % des sondées disent avoir éprouvé de l'anxiété ou subi un burn-out. Beaucoup, lors du premier confinement, ont aussi cumulé garde d'enfants, activité professionnelle et tâches ménagères. « On était dans l'archétype de la femme qui doit tout mener de front, raconte Valentine Tardieu-Vitali, directrice des vins Château La Verrerie. Tout s'est figé. Pas les vignes ! Personne ne s'est rendu compte de l'énergie considérable que j'ai déployée. »

Des clichés qui perdurent

Les stéréotypes persistent, souligne Amandine Lama, auteure de l'étude chez Ipsos. Ainsi, au sein du G7, près de 4 personnes sur 10 estiment que « le cerveau des hommes et celui des femmes sont différents, ce qui explique que les hommes ont plus d'aptitudes pour les sciences et les femmes pour la littérature ». En France, les sondés sont un quart à le penser, en Allemagne, près d'un sur deux (45 %) et au Japon, 53 %. « Même si de nombreuses sociétés et entreprises ont évolué, les conclusions de ce baromètre nous montrent l'ampleur du chemin à parcourir », déclare Sofia Merlo, DRH groupe et membre du comité exécutif de BNP Paribas. Aujourd'hui encore, 70 % des répondants jugent « plus difficile pour une femme d'avoir une belle carrière car elle doit accepter de sacrifier en partie sa vie de famille ».

Croissance économique

Une lueur d'espoir cependant : « Les ressortissants des pays du G7 sont conscients des inégalités. Et il y a un énorme consensus sur le fait que promouvoir les femmes profitera à tous, et stimulera la croissance économique », remarque Ulrike Decoene, porte-parole d'AXA.

Reste qu'il faut agir vite : « La relance ne peut pas être l'apanage des hommes, affirme Chiara Corazza, qui, avec le Women's Forum, a émis auprès des leaders du G7 plusieurs recommandations. Pour relever les défis de la santé, du climat, de l'intelligence artificielle... Et rendre le monde plus prospère, il est primordial de mettre les femmes au coeur de l'économie, de la science et de l'innovation. »