Mission accomplie. La prime d'activité nouvelle version, inaugurée en janvier, bénéficie à plus de 1 million de personnes supplémentaires, comme l'avait projeté le gouvernement, en décidant de la revaloriser fortement, juste avant Noël.

Cette hausse, pouvant aller jusqu'à 90 euros au niveau du SMIC, fait partie des mesures d'urgence annoncées le 10 décembre par Emmanuel Macron pour répondre au mouvement des « gilets jaunes ». Elle entraîne mécaniquement un relèvement du plafond de revenu donnant droit à l'allocation. Depuis mardi, ils sont 1,1 million de travailleurs modestes ou pauvres de plus qu'en décembre à toucherla prestationau titre du mois de février, a annoncé la secrétaire d'Etat Christelle Dubos.

La prime d'activité bénéficie ainsi désormais à 3,9 millions de foyers, et son coût budgétaire devrait, cette année, tourner autour de 8,8 milliards d'euros. Un parent isolé au SMIC avec un seul enfant touche en moyenne 292 euros par mois et un couple de smicards avec deux enfants 407 euros. Les jeunes adultes de 18 ans peuvent aussi toucher cette prime, qui atteint 241 euros par mois pour un célibataire au SMIC.

La montée en charge aura été exceptionnellement rapide. La question est désormais de savoir jusqu'à quel point le taux de recours peut augmenter et dépasser l'objectif assigné par le gouvernement. Ce taux se rapproche déjà de 80 %, puisque le potentiel de la prime est estimé à 5 millions de bénéficiaires. Certains foyers ne demandent pas cette prestation, car ils n'ont pas pu faire les démarches ou bien parce que le gain est trop faible pour qu'ils s'en préoccupent.

Le battage médiatique autour de la prime a contribué à accroître le taux de recours depuis décembre. Les Caisses d'allocations familiales et de la Mutualité Sociale Agricole ont également alerté leurs allocataires. Enfin, l'augmentation des montants versés renforce l'attrait de la prime. La prochaine étape consistera dans l'automatisation de l'attribution et du renouvellement de la prime d'activité, à partir des déclarations fiscales et sociales recueillies sur une base mensuelle par les administrations. Le gouvernement l'envisage pour l'an prochain, avant l'absorption de la prime d'activité dans le futur revenu universel d'activité. L'objectif suivant sera donc celui d'un taux de recours de 100 %.