« Quand j'ai voulu me lancer dans l'entrepreneuriat en février 2016, je n'avais que 10.000 euros en poche », raconte Vanessa Delesderrier, présidente fondatrice de France Scellés, une société qui distribue des systèmes de fermeture à usage unique pour protéger les envois de marchandise. Un pécule largement insuffisant pour financer à la fois un loyer et un minimum de stock.

Si elle veut démarrer son activité, Vanessa n'a donc pas 36 solutions. Elle doit forcément passer par un prêt bancaire. Et c'est là où le bât blesse. « Quand vous sollicitez un emprunt, la banque exige, en général, que vous injectiez de 20 à 30 % de la somme en apport personnel », explique-t-elle.

Heureusement, il existe une solution pour permettre aux créatrices ou créateurs d'entreprise qui ont peu ou pas d'apport de gonfler leurs fonds propres : le prêt d'honneur. « Un crédit à taux zéro attribué à titre personnel aux créateurs et aux repreneurs », explique Olivier de La Chevasnerie, président de Réseau Entreprendre, qui accompagne près de 1.500 porteurs de projet par an à hauteur de 30.000 euros en moyenne. Aucune garantie personnelle n'est demandée.

Il suffit simplement que le bénéficiaire s'engage sur l'honneur (d'où le nom de « prêt d'honneur ») à rembourser la somme empruntée sous trois à cinq ans. Plusieurs organismes délivrent ce type de prêts en France : le Réseau Entreprendre, mais aussi Raisesherpas, le fonds de dotation de Raise, ou encore Initiative France, un réseau associatif qui rassemble 214 plateformes locales sur le territoire.

Un effet de levier non négligeable

C'est à la porte de l'une d'entre elles, Initiative Nord-Seine-et-Marne, que Vanessa choisit de frapper. « Les entrepreneurs qui nous sollicitent sont chacun accompagnés par un chargé de mission qui les aide à analyser leur business plan, à construire leur plan de financement, et à envisager les différents scénarios de développement possibles », détaille la déléguée générale d'Initiative France, Bernadette Sozet.

Une fois leur dossier béton, ils sont invités à présenter leur projet devant un comité d'agrément constitué de membres bénévoles. « L'objectif n'est pas du tout de les piéger, mais d'identifier des points de vigilance pour la réussite de leur parcours entrepreneurial. »

Déclarée lauréate, Vanessa Delesderrier obtient une première enveloppe de 20.000 euros à la création de son entreprise et une autre de 10.000 euros en phase de croissance. Un gage de sérieux aux yeux des banques. « Comme elles savent que dans 9 cas sur 10 les entrepreneurs que nous accompagnons sont toujours là trois ans après, elles se montrent moins frileuses ensuite pour leur prêter de l'argent », constate Bernadette Sozet. L'effet de levier est loin d'être négligeable. Ainsi, pour 1 euro de prêt d'honneur accordé, entre 8 et 13 euros de financement complémentaire sont en moyenne octroyés.