Le RN va devoir s'expliquer le 2 juin devant une juridiction russe alors que selon des documents consultés début février par l'AFP, une firme russe l'a attaqué en justice pour n'avoir pas remboursé ce prêt de 9,14 millions d'euros contracté en Russie en 2014. 

Si le RN, déjà fragilisé par d'autres créances, devait rembourser ce prêt, ses finances risqueraient de plonger dans le rouge, alors que sa présidente Marine Le Pen a déjà annoncé qu'elle était candidate à l'élection présidentielle de 2022.

Jordan Bardella a assuré sur LCI que le RN avait "commencé à rembourser" et que la convocation devant la juridiction russe faisait partie de la "procédure normale en Russie". "Passé un certain délai, a-t-il expliqué, quand vous ne pouvez pas rembourser votre créancier ou n'avez pas remboursé dans la mesure suffisante, il y a effectivement une procédure qui s'engage".

Dans ce contexte, "nous allons probablement devoir nous tourner vers les Français comme nous l'avons fait par le passé (...) c'est une décision que nous allons étudier", a-t-il ajouté, se disant "choqué" que "le premier parti de France ne trouve pas de banque française pour se financer lors des élections".

Au printemps 2019, à la veille des élections européennes, le parti de Marine Le Pen avait lancé un "emprunt patriotique" qui lui avait alors permis de lever 4 millions d'euros, pour faire face au refus des banques de lui prêter de l'argent.

Jordan Bardella a assuré que le fonctionnement du parti "n'est pas affecté", ni "la volonté de nous présenter dans un certain nombre de municipalités (en mars) et mener les combats" des scrutins suivants.

"Les adhésions remontent, notre mouvement va bien, notre mouvement va mieux", a-t-il assuré.

Interrogé début février pour savoir si le remboursement du prêt russe pouvait mettre le RN en cessation de paiement, son trésorier Wallerand de Saint-Just avait répondu que le créancier n'avait "aucun intérêt à poursuivre dans cette voie puisqu'il voit qu'on le rembourse".