Pourquoi et comment recruter un apprenti dans son entreprise ?

Dossier
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L’apprentissage a presque tout pour plaire, avec un cadre contractuel avantageux et des aides dispensées par l’Etat tout au long du parcours de l’apprenti en entreprise. Décryptage sur les avantages et inconvénients d’un contrat d’apprentissage.

Pourquoi et comment recruter un apprenti dans son entreprise ?
L’apprentissage est la voie idéale pour former un jeune à ses méthodes de travail et valider ses compétences avant de l’embaucher durablement. Décryptage de ce principe de recrutement.

L’apprentissage : un contexte favorable malgré la crise sanitaire

Depuis quelques années, l’apprentissage surfe sur une vague porteuse. Fin 2019, on dénombrait 491 000 apprentis en France, selon le ministère du Travail, soit une hausse de 16 % des effectifs sur l’année. Un record !

La réforme de l’apprentissage, engagée il y a 2 ans n’est pas étrangère à cette progression. En assouplissant le cadre réglementaire en place, elle a provoqué un puissant appel d’air. Notamment en ouvrant aux entreprises la possibilité de créer beaucoup plus facilement leurs propres centres de formation d’apprentis (CFA). En 15 mois, le nombre de CFA a bondi de 25 % en France et le mouvement se poursuit.

Certes, la crise du Covid-19 est passée par là depuis. Les entrées en apprentissage devraient marquer le pas cette année. Mais la dynamique reste solide, le cadre réglementaire favorable, et les aides à l’embauche toujours aussi attractives. Dans le flot des mesures d’urgence prises à la suite de la crise sanitaire liée au coronavirus, une aide exceptionnelle a d’ailleurs été mise en place pour aider les employeurs à recruter en apprentissage. Grâce à elle, le coût d’un apprenti est désormais quasi nul pour l’entreprise la première année du contrat.

Et les candidats, qu’en pensent-ils ? De leur côté aussi, l’apprentissage a la cote. En 2 ans, les voeux pour une formation en apprentissage, exprimés sur la plateforme qui centralise les souhaits d’orientation des collégiens, ont bondi de 40 %. La relève est assurée !

Contrat d’apprentissage : un cadre contractuel bien particulier

Le contrat d’apprentissage n’est pas un contrat de travail comme les autres. Il est basé sur le principe de l’alternance. Contrairement à un salarié classique, qui est affecté à plein temps dans l’entreprise, l’apprenti partage son temps entre des enseignements théoriques et pratiques, dispensés d’une part en CFA, d’autre part chez l'employeur.
En général, la durée d’un contrat d’apprentissage est de 2 ans. Dans certains cas, elle peut être réduite à 6 mois ou allongée jusqu’à 4 ans. Le temps alloué à la formation doit totaliser au moins 25 % de la durée du contrat.

Pour le jeune en apprentissage, l’objectif est de préparer et d’obtenir son diplôme (CAP, BAC Pro, BTS, etc.). De son côté, l’employeur - ou le salarié désigné maître d’apprentissage - le forme à son métier, en situation de travail, et le guide dans sa découverte du monde du travail.

En contrepartie, l’apprenti bénéficie d’une rémunération variable, calculée en fonction de son âge. Ce salaire, qui progresse chaque année au cours du contrat, correspond à un pourcentage du Smic (ou du salaire minimum conventionnel de la branche d’activité concernée). La première année, la rémunération varie entre 27 % et 100 % du SMIC selon l’âge de l’apprenti, pour s’établir la troisième année entre 55 % et 100 %. On peut recruter un apprenti à partir de 16 ans et jusqu’à 29 ans.

L’apprentissage : des avantages pour l’employeur, mais aussi des contraintes

Le choix de recruter un apprenti n’est pas dénué d’intérêt pour l’employeur. En particulier si ce dernier veut recruter un salarié dans une optique de long terme.
L’apprentissage est en effet un excellent moyen de former un jeune à ses méthodes de travail et de lui transmettre les valeurs de l’entreprise. Dans un contexte où beaucoup d’employeurs se plaignent d’une pénurie de compétences, c’est une bonne solution pour y remédier.

Ensuite, cela limite le risque d’erreur : grâce à la période d’apprentissage, l’employeur peut tester les capacités de son apprenti, avant de le recruter pour de bon, une fois son diplôme en poche.

Recruter et fidéliser un apprenti peut aussi être un bon calcul dans la perspective de la transmission de l'entreprise. Connaissant parfaitement son fonctionnement, sa clientèle, et maîtrisant le métier, un salarié passé par la case de l'apprentissage a en principe toutes les cartes en main pour reprendre les rênes.

Mais attention, il y a des contreparties. En optant pour l’apprentissage, il faut être conscient que l’on recrute un jeune en formation, donc qui ne maîtrise pas encore toutes les ficelles du métier. Mieux vaut avoir de la disponibilité pour l’encadrer et superviser son travail !

Il faut aussi tenir compte des contraintes de l’alternance. Par moments, l’apprenti devra s’absenter de l’entreprise pour suivre ses enseignements théoriques au CFA. Il ne sera donc plus opérationnel, même si le carnet de commandes est rempli. C’est pour compenser ces contraintes, justement, que l’Etat accorde des aides financières aux employeurs.

Employeur, à quelles aides pouvez-vous prétendre ?

Cette question est importante pour l’employeur dans la mesure où un apprenti en cours de formation ne peut avoir le même rendement qu’un salarié pleinement opérationnel. Les aides ont donc vocation à compenser ce « manque à gagner ».

Depuis la réforme de l’apprentissage de 2018, les différentes aides à l’apprentissage ont fusionné au sein d’un dispositif unique, beaucoup plus lisible : l’aide unique aux employeurs d’apprentis.
Cette aide est accordée pour tout contrat d’apprentissage visant un diplôme jusqu’au niveau Baccalauréat. Elle est versée, chaque année, jusqu’au terme du contrat d’apprentissage. Son montant est de 4 125 € la 1re année d'exécution du contrat, 2 000 € la 2e année et 1 200 € la 3e année (ainsi que la 4e si le contrat excède 3 ans).
Au mois de juin dernier, l’aide à l’apprentissage unique a été abondée par l’Etat dans le cadre des mesures de soutien prises pour faire face à la crise du Covid-19. Néanmoins, ce coup de pouce n’est que temporaire : en vigueur depuis le 1er juillet, il prendra fin le 28 février 2021.
D’ici là, l’aide à l’apprentissage octroyée au titre de la première année du contrat est réévaluée de 4 125 € à 5 000 € si l’apprenti a moins de 18 ans et à 8 000 € s’il est majeur. En outre, son champ est étendu à tous les diplômes jusqu’au niveau Bac+3. Là aussi, uniquement au titre de la première année du contrat. Au-delà, le dispositif ne change pas.

Employeur, la marche à suivre pour recruter un apprenti

Pour dénicher des candidats, deux options de recrutement sont possibles. La première est de s’adresser à la chambre consulaire dont l’entreprise dépend (chambre de métiers, CCI, chambre d’agriculture). La deuxième est de déposer directement une offre d’emploi sur le Portail de l'alternance.

Une fois le candidat validé, l’employeur doit établir une convention de formation avec l’apprenti et le CFA en charge de sa formation. Il doit aussi conclure avec son apprenti un contrat d’apprentissage à l’aide du formulaire type Cerfa 10103. Ce document indique la durée du contrat, la rémunération de l’apprenti ainsi que l’identité de son maître d’apprentissage (qui peut être le chef d’entreprise ou un salarié qualifié).

Dernière étape dans le recrutement d’un apprenti : l’employeur doit transmettre ces documents à son opérateur de compétence (OPCO). Attention : pour bénéficier de l’aide unique aux employeurs d’apprentis, cet envoi doit être fait au plus tard dans les 5 jours suivant le début du contrat de travail. Mieux vaut anticiper !