La question de la généralisation du masque en entreprise face à l'épidémie de Covid-19 est posée, a confirmé ce jeudi le secrétaire d'Etat aux retraites et à la santé au travail. « Je suis favorable à faire évoluer le protocole [national de déconfinement] au regard des risques sanitaires », a déclaré Laurent Pietraszewski sur Europe 1, citant le « risque aérosol qui est souligné par l'OMS ». « Lorsqu'on est plusieurs dans un lieu clos, il est prudent de porter le masque. Je crois que ces notions-là sont claires [et qu']elles sont partagées », a-t-il expliqué, soulignant que dans toutes les entreprises qu'il avait visitées ces dernières semaines, « le masque était porté systématiquement lorsque des salariés se trouvaient à plusieurs dans un bureau » comme « dans beaucoup d'entreprises ».

La priorité des syndicats, « protéger les salariés »

« Il faut qu'on puisse regarder avec les autorités sanitaires mais aussi avec les partenaires sociaux comment nous allons organiser cela », a ajouté le secrétaire d'Etat, confirmant l'ouverture de discussions. Une première réunion doit avoir lieu ce vendredi avec les représentants du ministère du Travail avant une autre, mardi, cette fois-ci avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne, Laurent Pietraszewski mais aussi le ministre de la santé, Olivier Véran, selon nos informations.

Si elle n'enchante pas le patronat, la perspective d'une nouvelle révision du protocole national est en revanche bien accueillie par les syndicats alors que plus d'un cluster sur cinq se situe en milieu professionnel. « La priorité est de protéger la santé des salariés ; nous ne sommes pas toubibs ni des pro de l'épidémie donc si pour cela les autorités disent qu'il faut des masques, il faut des masques », estime Michel Beaugas de FO.

« Le sujet du port du masque est très important car si on avait géré l'épidémie depuis le début avec, on n'en serait pas là », insiste son homologue de la CFE-CGC, Mireille Dispot. « Nous sommes favorables à la mise en oeuvre de cette mesure de prévention », note-t-elle, mais elle précise aussi qu'il « faut l'appréhender de façon intelligente », prenant l'exemple des bureaux individuels où le masque n'est pas nécessaire. Pas plus que les autres syndicalistes, elle ne réclame une obligation générale de port du masque au travail.

Dialogue social renforcé

« Ce serait bien, avant tout, de faire un point sur les risques actuels et d'évoquer les préconisations scientifiques ainsi que la façon dont les clusters se sont développés, dans les entreprises mais aussi les administrations ; et ainsi d'identifier les situations de travail qui aggravent les risques », estime Yvan Ricordeau, de la CFDT, pointant en particulier les open spaces. « Le masque est un équipement individuel, cela ne doit pas être la seule piste », insiste pour sa part Jérôme Vivenza, de la CGT, qui souligne de surcroît que leur coût ne doit pas être à la charge des salariés. Pour lui, « il faut poursuivre la réflexion sur l'ensemble des mesures de protection », y compris les protections collectives.

Mireille Dispot rappelle de son côté la piste du télétravail, sous réserve qu'il soit encadré, sachant que des discussions ont démarré avec le patronat, le prochain rendez-vous étant le 2 septembre. Mais ce dernier exclut pour l'instant de négocier un accord. Quoi qu'il en soit, les syndicats s'accordent à dire que le sujet doit faire l'objet dans les entreprises comme les administrations d'un dialogue social renforcé pour prendre sur le terrain les mesures adaptées à la réalité du travail.