"Je suis extrêmement déçue", a commenté la première magistrate de l'Etat de New York, tout en rappelant que les jurés étaient souverains en la matière.

En droit pénal américain, le ministère public convoque parfois un grand jury qui, après avoir pris connaissance du dossier, doit décider s'il y a lieu d'engager ou non des poursuites et d'aller au procès.

"Nous attendions une autre décision que celle qu'a rendue aujourd'hui le grand jury", a déclaré Letitia James. Mais "au bout du compte, nous devons respecter cette décision".

Une vidéo de l'interpellation, qui remonte au 23 mars dans cette ville de l'extrême nord de l'Etat de New York, avait été rendue publique début septembre. 

Nu en pleine rue à l'arrivée des policiers, Daniel Prude n'était pas armé et avait été très vite menotté, avant qu'un des officiers présents ne lui mette une capuche sur la tête pour l'empêcher de cracher sur les policiers car il disait avoir contracté le coronavirus.

La vidéo montrait ensuite un officier appuyer des deux mains sur une cagoule placée sur la tête de Daniel Prude, qui avait fini par perdre connaissance.

L'homme de 41 ans, qui n'était pas armé et était en proie à un épisode psychotique au moment de son interpellation, est décédé une semaine plus tard à l'hôpital, sans jamais être sorti du coma.

L'affaire avait provoqué une série de manifestations ainsi que la démission du chef de la police de Rochester, La'Ron Singletary, qui est afro-américain.

L'institut médico-légal a conclu, après autopsie, que le décès de Daniel Prude relevait d'un homicide, lié à une "asphyxie consécutive à une contrainte physique".

Le décès de Daniel Prude faisait écho à ceux de George Floyd ou Breonna Taylor, noirs eux aussi, lors d'interpellations violentes, qui ont suscité des centaines de manifestations aux Etats-Unis depuis le mois de mai.

"Le système pénal a grand besoin de réforme", a lancé la procureure, car il "a été conçu pour protéger les policiers, leur éviter d'avoir à rendre des comptes."