"Nous sommes très inquiets de la série de récents incidents restreignant la liberté de la presse et la liberté de se rassembler en Ouganda", écrivent les diplomates.

Leur prise de position commune intervient alors qu'une décision de la Commission de régulation des médias (UCC) suscite de nombreuses critiques dans le pays.

L'UCC a ordonné à 13 radios et chaînes de télévision de suspendre leur rédacteur en chef, producteur et responsable des programmes en raison de la manière dont elles ont couvert la récente arrestation de Bobi Wine, député de l'opposition et possible adversaire du président Yoweri Museveni (74 ans, au pouvoir depuis 1986) à l'élection présidentielle de 2021.

Jeudi, Amnesty International avait dénoncé "une atteinte flagrante à la liberté de la presse et une tendance regrettable vers la censure d'État".

Bobi Wine avait été arrêté lundi et inculpé dans la foulée pour avoir organisé un rassemblement illégal en 2018. Placé en détention, il a finalement été remis en liberté sous caution jeudi.

Dans leur communiqué, les diplomates s'inquiètent également "de l'usage excessif de la force par la police ougandaise et les services de sécurité contre des manifestants pacifiques et l'opposition politique". 

Les partisans de Bobi Wine sont quasi systématiquement empêchés de se rassembler et sont dispersés à coup de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre.

Plus connu sous son nom d'artiste Bobi Wine, Robert Kyagulanyi, 37 ans, est devenu le porte-parole d'une jeunesse ougandaise urbaine et souvent très pauvre qui ne se reconnaît pas dans le régime vieillissant du président Museveni.

Ce dernier est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans. A l'initiative du parti au pouvoir, la Constitution a récemment été modifiée pour lui permettre de se présenter à un sixième mandat en 2021.