L'association présente de nombreux avantages : augmenter potentiellement le capital de départ, casser la solitude de l'entrepreneur, diversifier les compétences des uns, compléter les lacunes des autres et vice-versa.

Créer à deux ou à plusieurs associés est aussi un pari risqué, car une équipe de cofondateurs qui ne s'entend pas est l'une des principales causes d'échec. « Le choix de ses associés est la décision la plus importante pour un entrepreneur », avertit Alexandre Dana, cofondateur de LiveMentor. Mieux vaut ne pas se tromper.

Chercher la complémentarité

Souvent, un porteur de projet est tenté de s'associer avec des personnes de son entourage, qu'il connaît bien ou qui ont suivi les mêmes études. C'est compréhensible, car s'associer implique de faire confiance à l'autre. « Pourtant, il est absolument nécessaire d'aller chercher la complémentarité, rappelle Valentin Brulin, président de Cofondateur.fr, une plateforme de mise en relation entre futurs associés. C'est même l'une des raisons principales de l'association : un entrepreneur ne peut pas avoir à lui seul toutes les compétences. Il doit s'entourer. »

Un profil business aura intérêt à s'associer à un profil tech, surtout si la nature du projet l'exige. « Cette complémentarité n'est pas seulement une question de compétences, elle est aussi cognitive, reprend Valentin Brulin. Il faut aller chercher des personnes qui ne pensent pas exactement pareil et pourront challenger le projet. »

Pour trouver des associés en dehors de son univers, de nombreuses plateformes existent : Cofondateur.fr, Biznessful, PartnPro, etc. Il est aussi possible de poster une annonce sur des réseaux ou médias professionnels comme LinkedIn et Les Echos Entrepreneurs ou de rencontrer des candidats à l'association en physique, lors de meetup par exemple.

Partager une même vision

Attention, complémentarité ne signifie pas différence stricte. Les futurs associés doivent s'assurer qu'ils ont des valeurs et des objectifs communs pour éviter tout risque de mésentente. « D'entrée de jeu, il faut se poser plusieurs questions, conseille Alexandre Dana. De quoi es-tu le plus fier ? Qu'est-ce qui t'as rendu heureux ? Qu'est-ce qui te motive dans l'idée de créer ton entreprise ? Quels sont tes modèles professionnels ? Jusqu'où es-tu prêt à aller pour réussir ? »

Le but : cerner quelles sont les ambitions et motivations de l'autre pour vérifier que les futurs associés partageront la même vision. « C'est important de faire preuve de transparence et d'honnêteté », ajoute Alexandre Dana. Et ne pas avoir peur de trop en dire. « Souvent, on a peur de se faire voler l'idée, mais il suffit de ne dévoiler que 80 % de son projet et de se protéger avec une charte de confidentialité », reprend Valentin Brulin.

Apprendre à se connaître

Une fois ces points résolus, reste un détail fondamental : s'assurer du bon « fit ». Il ne suffit pas de se correspondre sur le papier, il faut aussi que la relation matche au quotidien. « L'association, c'est comme un mariage professionnel : on ne s'engage pas à moins de bien connaître l'autre », avertit Valentin Brulin, qui préconise une période d'essai de 3 à 6 mois pour apprendre à fonctionner et travailler avec l'autre.

« Il faut investir du temps dans la connaissance de l'autre », préconise Alexandre Dana. Un principe qui ne s'arrête pas aux associés et vaut aussi pour les premiers salariés qui rejoindront le projet. Car tous font partie de ce socle à partir duquel grandira l'entreprise et, comme le rappelle le président de Cofondateur.fr, « la ressource humaine est ce qui la fait avancer ».