La justice avait été saisie par le collectif  ásDerroches, composé d'organisations civiles mais aussi d'associations de puissants entrepreneurs.

Ces plaignants exigent que la justice examine "la légalité de l'annulation" polémique du méga-aéroport de Texcoco et vérifie que le projet alternatif de M. Lopez Obrador possède "tous les avis et autorisations nécessaires", expliquent-ils dans un communiqué diffusé lundi.

Le président "anti-système" avait décidé l'annulation du méga-aéroport après une consultation publique controversée, préférant transformer en deuxième aéroport la base aérienne militaire de Santa Lucia, afin de résoudre le problème de la saturation du trafic aérien de la mégapole mexicaine.

Pour poursuivre les travaux, le gouvernement devra désormais démontrer qu'il dispose des avis et documents nécessaires en termes de sécurité et de viabilité aéronautique, ainsi que dans le domaine environnemental et archéologique.

La décision de justice oblige également le gouvernement à maintenir en l'état l'ancien chantier suspendu, et interdit de le "détruire, faire disparaître ou démanteler".

M. Lopez Obrador, qui a qualifié cet ancien projet de "pharaonique" et "en proie à la corruption", a estimé que les actions en justice émanaient d'entrepreneurs "contrariés" par la perte de leur "petit business" et a menacé de révéler publiquement leurs noms. 

Il y a dix jours, le groupe avait obtenu une première victoire devant un autre tribunal de l'Etat de Mexico pour faire stopper les travaux d'aménagement de l'aéroport militaire.

L'annulation de la construction du méga-aéroport de Texcoco, près de Mexico, conçu par le célèbre architecte britannique Norman Foster, avait déclenché de vives critiques au Mexique.

Elle a également entraîné l'obligation pour l'Etat mexicain de rembourser des investisseurs à hauteur de 1,8 milliard de dollars après d'âpres négociations.

Le gouvernement estime que l'aménagement de l'aéroport militaire coûtera environ 4 milliards de dollars contre 13 milliards pour l'aéroport annulé, lancé par le gouvernement d'Enrique Peña Nieto (2012-2018).