#1. Un capital-investissement très masculin

En attendant que l'écosystème du private equity se féminise et se rajeunisse, ce qui pourrait faire reculer les biais sociaux-culturels encore prégnants, Jenny Chammas prône une préparation intensive. « Les entrepreneures doivent avoir conscience que les investisseurs ont tendance à financer des porteurs de projets qui leur ressemblent, d'où les difficultés rencontrées par les femmes, dit-elle. Un accompagnement est donc indispensable en amont, pour gagner en confiance et en force de persuasion. »

#2. Une moindre appétence pour le réseautage

Outil extrêmement puissant pour accéder à l'information, aux aides, aux marchés ou encore aux financements, le réseau a longtemps été négligé par les entrepreneures. « Elles doivent intégrer qu'il y a là un vivier d'opportunités incomparables, insiste Jenny Chammas. Surtout, le panel de possibilités s'est largement étoffé, et aux réseaux mixtes se sont ajoutés des cercles féminins très dynamiques, à l'image de Sista, The Family, etc. »

#3. La peur de voir grand

Pourquoi viser trois points de vente au lieu de 10.000 ? Pourquoi lever 10.000 euros alors que 20.000 sont nécessaires ? « Pensez 'scalable', ambition, audace ! Autorisez-vous à voir le plus grand possible », répond Jenny Chammas, convaincue que c'est là le meilleur moyen de séduire les investisseurs. Et d'ajouter que « tout est possible, d'autres l'ont fait, il ne faut pas hésiter à s'en inspirer, voire à les solliciter pour leur demander conseil. »

#4. Le syndrôme de l'imposture

Elles débutent leur pitch par « on » ou « nous », et attribuent tout le mérite et chaque réussite « à l'équipe ». Mais pourquoi les entrepreneures doutent-elles à ce point de leur projet, de leurs compétences, de leurs capacités à réussir ? « Les femmes sont conditionnées, biberonnés depuis des décennies au fait que l'entrepreneuriat est une question d'hommes. Or, une confiance inébranlable est nécessaire. Pour changer d'état d'esprit et instaurer une culture de la confiance dans l'entrepreneuriat au féminin, le mentorat et le coaching ont fait leur preuve », dit-elle.

#5. L'aversion au risque

Alors que, une fois sur les rails, leurs entreprises surperforment, les femmes semblent davantage sujettes à la peur de l'échec. « Elles ont tendance à écrire le scenario du pire, à regarder les obstacles, au lieu de scruter l'arrivée, constate la coach. Mais ce frein interne peut aisément être levé en adoptant la posture de l'entrepreneur, pour qui chaque échec constitue un apprentissage et une avancée. »