Depuis une semaine, les présidents de région rivalisent de mesures pour venir en aide aux entrepreneurs déstabilisés par la crise du coronavirus. La réforme territoriale du quinquennat Hollande en 2015 a promu ces collectivités au premier rang de l'accompagnement des sociétés, renforçant leurs moyens financiers d'intervention. Reste à vérifier si ces démarches administratives ne seront pas trop dissuasives pour les intéressés.

Grand Est un pacte de relocalisation

La région Grand Est mobilise 25 millions d'euros dans un « prêt rebond », en partenariat avec bpifrance, pour la trésorerie des entreprises. Un « pacte de relocalisation » va aider les sociétés qui dépendent de chaînes d'approvisionnement asiatiques et souhaitent rapatrier une partie de cet approvisionnement.

Hauts-de-France 50 millions d'euros mobilisés

Le Conseil régional des Hauts-de-France a annoncé, dès la semaine dernière, mobiliser une enveloppe de 50 millions d'euros pour soutenir les entreprises en avances remboursables (30 millions d'euros). Il assouplit en outre ses dispositifs, avec des taux nuls, mais aussi un moratoire de remboursement de 6 mois, puis un allongement des délais de remboursement jusqu'à 6 ans.

Centre -Val de Loire priorité aux TPE

La région Centre - Val de Loire et la BPI vont porter de 70 à 80 % leur niveau de garantie bancaire et faciliter l'accès au fonds de garantie (d'un montant de 17,7 millions d'euros). Le prêt croissance TPE, dédié au financement du développement pour des montants de 10.000 à 50.000 euros sera, lui, réorienté au profit du maintien de l'activité des petites entreprises. Le fonds de prévention des difficultés des entreprises passe de 1 à 2 millions d'euros, pour éviter les dépôts de bilan.

Bourgogne-FrancheComté aides de trésorerie

La région débloque avec ses partenaires une enveloppe de 80 millions d'euros, mise à disposition pour des apports en trésorerie. Elle intègre un fonds de garantie de prêts à hauteur de 60 millions d'euros, des prêts rebonds pour 18 millions d'euros et un système de différé de remboursement de six mois. Les transporteurs scolaires, à l'arrêt actuellement, seront indemnisés. Quant aux autres aides régionales, « elles seront versées sans retard ».

AuvergneRhône-Alpes prêts à taux zéro

Deux dispositifs seront activés par la région Auvergne Rhône-Alpes : un crédit de refinancement pur de 10.000 euros pour les commerçants, artisans et professions libérales impactés « pour les aider à reconstituer leur trésorerie ». Le conseil régional se portera également caution sur des prêts à taux zéro, remboursables sur deux ans.

PACA fonds d'urgence pour le tourisme

Renaud Muselier, président de Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 12 millions d'euros pour les entreprises les plus touchées par l'épidémie. Dans le détail, un fonds d'urgence de 5 millions d'euros sera spécifiquement dédié aux entreprises touristiques, culturelles et du sport, mais également aux PME industrielles, qui connaissent des retards d'approvisionnement ou des ruptures de stock. « Ces entreprises qui subiront une perte de chiffre d'affaires d'au moins 30 % sur deux mois pourront bénéficier d'un prêt jusqu'à 50.000 euros avec un différé gratuit de 18 mois », précise le dispositif.

Occitanie Pas de remboursements mais des avances

La région a décidé de suspendre pendant six mois à partir du 1er avril les remboursements des avances accordées aux entreprises. Cette mesure concerne 520 entreprises et porte sur 60 millions d'euros d'encours. En outre, le conseil régional mobilisera aussi une première enveloppe de 5 millions d'euros auprès des banques.

Nouvelle-Aquitaine intervenir le plus en amont possible

La Nouvelle-Aquitaine doit signer, dès lundi, une convention avec l'Urssaf afin de repérer « les entreprises en difficulté le plus en amont possible », insiste Alain Rousset, le président du conseil régional. Des groupes de travail avec les industriels locaux vont étudier la possibilité de ramener en Europe une partie de la production.

Pays de la Loire Une task force

Une task force va être créée pour accompagner les employeurs. La région chiffre son engagement à 50 millions d'euros, dont la moitié au travers des dispositifs régionaux déjà existants, et 25 millions d'euros de crédits supplémentaires dans le cadre d'un « plan d'urgence ».

Bretagne pas de pénalités de retard

La région va maintenir son soutien financier aux manifestations annulées (culture, sport, tourisme...) et ne demandera pas le remboursement des aides engagées. Elle va aussi accompagner les autocaristes qui effectuent du transport scolaire. Les stagiaires dans les entreprises ne seront pas non plus pénalisés en cas d'annulation des formations.

Autre initiative phare, la région va « accompagner les entreprises qui souhaitent relocaliser en Bretagne une partie de leurs activités ou achats ». Enfin, il y aura annulation des pénalités de retard pour les entreprises bénéficiaires de marchés publics qui ne pourront pas respecter la teneur des contrats signés.

Normandie Plateforme état-Région

Une cellule de suivi Etat-Région qui se réunira deux fois par semaine pour partager la connaissance de la situation va être mise en place. « Dans un souci de cohérence et de mise en commun des efforts de tous, il a été décidé de faire converger les sollicitations sur une plate-forme commune », a ajouté Hervé Morin, président de la Région Normandie.