Les drones ont leurs avantages: ils ne mettent pas la vie de soldats américains en danger et peuvent rester plus d'une journée dans les airs, permettant ainsi des missions de surveillance prolongées. Revers de la médaille: ils coûtent souvent très cher, sont vulnérables aux défenses antiaériennes et leur perte est susceptible de faire tomber du matériel sensible entre des mains ennemies. 

Les drones américains "ne sont généralement pas furtifs, ni impressionnants d'un point de vue aérodynamique", note Michael O'Hanlon, chercheur en politique étrangère au cercle de réflexion Brookings Institution. "Des défenses antiaériennes sophistiquées continueront d'être en mesure d'abattre des appareils de type RQ-4", comme celui détruit jeudi par l'armée iranienne dans la zone stratégique du détroit d'Ormuz.

Mais "il faut pouvoir oser s'attaquer à un matériel militaire américain, et la plupart des pays ne vont pas le faire seulement parce que l'Iran semble s'en +être tiré+" sans frappes de représailles, ajoute-t-il, en notant au passage que l'imposition des nouvelles sanctions américaines n'était pas anodine.

"Ces drones n'ont généralement pas été conçus pour des espaces aériens de conflit", abonde Arthur Holland Michel, codirecteur du centre d'études sur les drones de l'université Bard, près de New York. "Si quelqu'un souhaite les abattre, c'est probablement faisable".  

Des drones Predator ont ainsi été détruits dans les Balkans et en Irak, relève-t-il, tandis qu'un drone furtif RQ-170 est tombé en 2011 entre les mains de l'Iran, qui affirme s'en être servi pour concevoir sa propre version.

- Furtifs -

Mais les drones américains s'avèrent "extrêmement importants" dans "des opérations de contreterrorisme et de contre-insurrection", souligne le spécialiste. 

L'armée américaine a utilisé ces appareils pour collecter des renseignements, suivre les forces ennemies et observer batailles et attaques en temps réel dans des pays comme l'Irak ou l'Afghanistan.

"Ils se sont vraiment avérés précieux pour suivre en continu des cibles spécifiques, en mouvement, sur de longues périodes de temps", précise M. Holland Michel.

L'Iran a abattu la semaine dernière un RQ-4 Global Hawk, affirmant qu'il avait pénétré son espace aérien, ce que les Etats-Unis démentent.  

La destruction de ce drone, après des attaques sur des tankers attribuées par Washington à Téhéran, a encore fait grimper les tensions entre les deux pays, faisant craindre un conflit armé qu'ils assurent cependant vouloir éviter.    

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l'Iran. Et Washington a annoncé lundi de "dures" sanctions contre le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés militaires.

Les drones américains pourraient, paradoxalement, être moins exposés en cas de guerre, avance Michael O'Hanlon. "Notamment ceux évoluant à haute altitude, car nous neutraliserions ou détruirions probablement les radars ennemis. Ce qui n'est pas le cas en temps de paix".     

Les Etats-Unis comptent également à leur arsenal militaire plusieurs drones furtifs, dont les  RQ-170 et RQ-180.

"Si des drones américains devaient jouer un rôle quelconque dans un contexte de guerre en Iran, ces deux appareils seraient les candidats les plus probables", estime Arthur Holland Michel.  

"Ceux-ci ont été conçus pour des espaces aériens de conflit", poursuit-il. Mais ils n'ont pas encore été mis à l'épreuve face à des puissances vraiment développées. "Du moins à notre connaissance".