Le PIB a reculé de 0,9% au premier trimestre 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019, où il s'était déjà contracté de 1,9% (contre -1,8% annoncé lors d'une précédente estimation début mars).

Le consensus d'économistes sondés par l'agence Bloomberg s'attendait à un repli légèrement plus important au premier trimestre (-1,1%).

C'est la première fois depuis 2015 que le Japon retourne en récession, définie par une contraction de la richesse nationale sur au moins deux trimestres.

Son économie était déjà mal en point depuis le quatrième trimestre 2019, en raison d'une hausse de deux points de la TVA depuis le 1er octobre, qui a plombé la consommation des ménages, et du passage dévastateur d'un puissant typhon.

L'activité a poursuivi sa baisse au premier trimestre sous l'effet de la crise du coronavirus, qui a encore affaibli la consommation des ménages (-0,8% sur un trimestre) et réduit les investissements des entreprises.

La croissance des investissements publics a aussi connu un coup d'arrêt au premier trimestre (-0,4%), tandis que le commerce extérieur était aussi en berne, avec une contraction de 6% des exportations, partiellement compensée par une baisse marquée des importations également (-4,9%).

"Le pire est encore à venir", avait commenté Naoya Oshikubo, économiste de SuMi Trust, dans une note avant la publication de lundi. Il s'attend à un plongeon de 10,2% du PIB au deuxième trimestre par rapport au premier.

Car le gouvernement japonais a déclaré l'état d'urgence début avril face à la hausse de cas de Covid-19 dans l'archipel, tandis que la pandémie paralysait encore davantage l'Europe et les Etats-Unis.

L'état d'urgence au Japon n'induit pas de confinement obligatoire mais permet aux gouverneurs des régions d'inciter les habitants à rester chez eux le plus possible, et aux commerces jugés non essentiels de baisser temporairement le rideau.

Le dispositif a été levé jeudi, avec deux semaines d'avance, dans 39 des 47 préfectures du pays, à la suite d'une forte baisse de nouveaux cas recensés de Covid-19. Mais il est maintenu pour le moment à Tokyo et dans les autres régions les plus urbanisées et industrialisées du pays.