Mark Carney devait participer à un événement avec des responsables chinois le 3 septembre au Guildhall, le siège de la City of London Corporation, le coeur politique du très influent quartier d'affaires londonien. 

Cet événement comprend des discussions entre responsables chinois et dirigeants de la finance londonienne, ainsi qu'un dîner auxquels doivent participer la principale responsable politique de la City, Catherine McGuinness, et l'ambassadeur de Chine à Londres, Liu Xiaoming. 

Le gouverneur de la BoE devait se joindre à ce dîner de promotion des relations d'affaires entre Londres et la Chine. Mais en raison "d'un problème d'agenda", M. Carney n'y participera pas, ont expliqué à l'AFP des sources proches du dossier. 

Une de ces sources a indiqué que la BoE envisageait d'envoyer un autre de ses dirigeants à l'événement. 

Cette affaire intervient en pleine mobilisation pour la démocratie à Hong Kong, où des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche pour montrer la popularité intacte de leur mouvement en dépit des violences et des menaces d'intervention de Pékin.

La région semi-autonome, ex-colonie britannique et qui constitue un centre de la finance mondiale, traverse depuis début juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des manifestations et des actions quasi quotidiennes y sont organisées pour demander notamment le suffrage universel.

La City of London Corporation et la Banque d'Angleterre n'ont pas souhaité faire de commentaire à l'AFP. 

Un élu de la City, le travailliste Richard Crossan, a toutefois jugé que l'institution londonienne devait "utiliser cet événement pour rappeler à la Chine ses responsabilités en terme de droits de l'homme, de démocratie et de liberté d'expression à Hong Kong", dans une déclaration au quotidien londonien des milieux d'affaires City AM. 

Le pouvoir central chinois a émis des avertissements de plus en plus cinglants dernièrement à l'encontre des manifestants et menacé d'intervenir dans le territoire. 

"Si la situation continue à se détériorer et que les troubles deviennent incontrôlables par le gouvernement (de Hong Kong), alors le gouvernement central ne restera pas les bras croisés", a prévenu le 15 août Liu Xiaoming, l'ambassadeur chinois à Londres qui doit participer au dîner de la City.