Treize candidats pour... onze places. Les branches professionnelles avaient jusqu'au 31 décembre pour déposer leurs dossiers d'agrément d'opérateur de compétences (Opco), ces organismes paritaires pivots de la réforme Pénicaud de la formation. Après des mois d'intenses tractations, organisations patronales, mais aussi syndicales, sont à peu près rentrées dans le cadre fixé. Au moins du point de vue quantitatif. « Nous avons effectivement reçu 13 dossiers, mais cela ne préjuge pas de la qualité de chacun d'eux », résume-t-on au ministère du Travail.

La loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » fait disparaître la vingtaine d'organismes paritaires qui collectent les cotisations formation des entreprises (Opca). Ils doivent laisser la place le 1er avril à onze opérateurs de compétences (Opco) dans une logique de cohérence des métiers, comme le préconise le rapport Marx-Bagorski : services financiers et du conseil, industrie, mobilité, commerce...

Beaucoup d'agitation

Les plus de 400 branches avaient donc jusqu'au 31 décembre pour choisir leur futur Opco (toutes ne l'ont pas fait), ce qui a occasionné beaucoup d'agitation. Quand certaines ont vu l'intérêt à se regrouper, d'autres se sont accrochées à des logiques de pouvoir, même si la réforme limite les possibilités de composer avec les différents dispositifs de formation mutualisés.

L'exemple le plus révélateur ? La bataille à laquelle se livrent l'U2P et la CPME pour avoir la main sur le futur Opco de l'artisanat et des services de proximité. Chacun a déposé un dossier, sachant très bien que le ministère du Travail, qui aura le dernier mot, n'en conservera qu'un. Le Medef essaie aussi de sauver les meubles : Opcalia, son Opca, où en tout cas ce qu'il en reste, a déposé un dossier d'agrément mais les branches concernées n'ont pas grand-chose à voir entre elles.

Le ministère devra aussi trancher sur le périmètre du futur Opco des services financiers, Crédit Agricole et Groupama lui préférant celui de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Autre exemple, les artisans du bâtiment de la Capeb ont rallié l'Opco de la construction mais aussi celui de l'U2P, à la recherche du meilleur point de chute.

Les syndicats ne sont pas restés inactifs dans ce grand mercato, pour s'assurer, eux aussi, de leur place dans les instances des futurs Opco. La fédération CGC de la santé s'oppose par exemple à l'accord constitutif de celui de la santé signé par la seule CFDT. Leurs homologues de FO ont dénoncé un accord « scélérat » et comptent faire de même.

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