"Je vais prendre les mesures garantissant que, dès 2021, tout chargé de recherche et tout maître de conférences soit désormais recruté à hauteur d'au moins 2 SMIC, contre 1,3 à 1,4 SMIC aujourd'hui. J'en prends l'engagement devant vous ce soir", a annoncé Mme Vidal, selon le discours transmis à l'AFP, ajoutant que "26 millions d'euros" seront consacré "à cette remise à niveau des débuts de carrière". 

Pendant toute la durée de ces voeux, entre 150 personnes, selon la police, et 250 à 300 de source syndicale, se sont rassemblées à l'extérieur pour dénoncer notamment la "précarité étudiante", la "loi de programmation de la recherche" mais aussi le projet de réforme des retraites, selon la présidente de l'Unef  Mélanie Luce qui était présente aux voeux de la ministre.

Devant le musée, des représentants syndicaux ont distribué des flyers avec les voeux de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche.

"Nous souhaitons que nos luttes soient couronnées de succès pour obtenir : 1. le retrait de la réforme des retraites par points et le maintien du calcul des pensions sur la base des 6 derniers mois; 2. une loi de programmation pluriannuelle pour la recherche soutenant un véritable service public de recherche", indiquaient-ils.

D'après Mélanie Luce, "le rassemblement était pacifique, il n'y a pas eu de charge sur la manifestation, mais un manifestant a été frappé et blessé à l'arcade sourcilière".

Vers 20H45 les derniers manifestants, une cinquantaine, étaient reconduits vers le métro Trocadero par un cordon de CRS alors qu'une dizaine de camions de CRS étaient encore stationnés devant le musée de l'Homme, selon un journaliste de l'AFP. 

Au-delà de la question des jeunes chercheurs, Frédérique Vidal a également promis dans son discours "une revalorisation d'ensemble" pour "permettre d'apporter des réponses durables à la question de l'attractivité des métiers et des carrières de la recherche comme de l'enseignement supérieur".

"Dès 2021, ce sont 92 millions d'euros qui seront consacrés à cette revalorisation indemnitaire", a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé en février 2019 le lancement d'une loi de programmation pluriannuelle pour la recherche. 

Trois rapports ont ensuite été remis au gouvernement sur différents thèmes: le financement de la recherche, l'attractivité des emplois et des carrières scientifiques, le développement des partenariats avec les entreprises et la conversion des résultats de recherche en innovation. 

Outre un besoin de financement, évalué entre 2 et 3,6 milliards d'euros, les auteurs avaient pointé du doigt "une rémunération peu attractive, des conditions de travail de plus en plus contraignantes et une érosion des emplois permanents". Ainsi que "des conditions d'entrée dans la carrière scientifique défavorables au regard du contexte international".

En France, un chercheur, titulaire d'une thèse de doctorat, est recruté en moyenne à 33/35 ans après avoir cumulé plusieurs "post doc", des contrats à durée déterminée dans un laboratoire de recherche. Un jeune chercheur touche en France entre 2.200 et 2.500 euros brut. En Grande Bretagne, il peut toucher jusqu'à 4.200 euros, avait donné en exemple Philippe Maugin, président de l'INRA, lors de la remise des rapports.