Le confinement et la reprise progressive bouleversent les manières de travailler de chacun. Le télétravail s’est imposé chez de nombreux salariés qui ont ainsi pu poursuivre leur activité hors de leur entreprise.
Avec le retour à une activité normale en France, ces nouvelles habitudes sont-elles amenées à disparaitre aussi vite qu’elles sont apparues ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que les syndicats et le Medef ont annoncé l’ouverture prochaine de discussions sur le télétravail.

Les Français séduits par le télétravail

D’après les chiffres d’un sondage OpinionWay-Square Management pour Les Échos, 62 % des Français ont continué à travailler pendant le confinement lié à la crise du coronavirus, majoritairement en télétravail. Au total, c’est plus de 32 % de la population active qui a expérimenté le travail à domicile en France pendant la crise du Covid-19. Un équilibre qu’il a fallu trouver en urgence et pour lequel il a fallu faire preuve de réactivité et de capacité d’ajustement pour les entreprises et les salariés.

Et pourtant, les Français semblent avoir su tirer du positif de l’expérience : 40 % d’entre eux veulent pouvoir continuer à télétravailler. La plupart des ces salariés plébiscitent le travail à distance deux ou trois jours par semaine. Les femmes sont les plus tentées, avec 44 % d’entre elles prêtes à travailler depuis chez elles contre 36 % des hommes. 9 % des répondants sont même prêts à abandonner totalement le travail au bureau, contre 13 % qui souhaitent revenir à 100% dans leur entreprise.

Le travail à distance envisagé par les employeurs

Preuve s’il en faut d’un changement de paradigme, les employeurs sont aussi de plus en plus ouverts sur la question du travail à distance. Le confinement lié au Covid-19 a montré que, malgré certaines réticences initiales, c’est un mode de travail qui fonctionne.

Les managers ont tout intérêt à développer le télétravail et pas seulement pour anticiper un éventuel second confinement. En premier lieu, le télétravail comprend des avantages non négligeables sur les frais de bureaux et de déplacements.
Mais le télétravail ne signifie pas seulement travail à distance. Cela implique également de repenser les modes de communication. L’objectif est de mettre en place les moyens adéquats pour garantir le lien entre les salariés, que ce soit pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise ou pour maintenir le lien social et convivial nécessaire.

Le digital pour garantir de bonnes conditions de travail à distance

Les outils digitaux ont ainsi de beaux jours devant eux. Des logiciels comme Zoom, qui est passé de 10 millions d’utilisateurs en 2019 à… 200 millions en mars 2020, devraient continuer à croître.
L’usage du cloud devrait quant à lui se développer pour les entreprises qui n’avaient pas encore effectué leur transition digitale.

Enfin, avec près de 60 % des salariés n’envisageant pas de retour à la normale avant la rentrée de septembre, les évènements et les formations digitales devraient aussi se généraliser en France.

Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ?

Cette mutation annoncée du monde du travail pourrait avoir un effet sur l’ensemble de la société française. À condition toutefois de ne pas laisser pour compte les 46 % des actifs pour qui l’activité n’est pas compatible avec le télétravail. Il s’agit des salariés placés en chômage partiel total, ou ceux qui ont continué à se rendre sur leur lieu de travail pendant le confinement lié à la crise du coronavirus.

Ces postes concernent généralement les emplois les moins qualifiés, qui sont seulement 18 % à avoir pu télétravailler contre 46 % des classes sociales supérieures. Il est difficile d’envisager que la crise du Covid-19 n’ait aucune conséquence pour eux. Les considérations RSE et la place centrale de la santé devront être intégrées dans les nouvelles géométries du monde du travail.