"Bien sûr, mes analyses ne sont pas encore bonnes, mais elles ne sont pas mauvaises non plus comme c'était avant", a affirmé le cinéaste ukrainien dans une lettre envoyée fin octobre à Nikolaï Chtchour, dont l'AFP a consulté vendredi une copie.

"Ne vous inquiétez pas trop - j'ai survécu", ajoute-t-il.

Il doit encore subir un régime spécial et prendre des médicaments, mais il ne reçoit plus un traitement par perfusion.

En dépit de l'arrêt de sa grève de la faim, l'état de santé de M. Sentsov soulevait jusqu'ici les plus vives inquiétudes, selon ses proches rappelant qu'abandonner une grève de la faim était un processus assez compliqué. 

"Il semble qu'il est en train de se rétablir", a déclaré Nikolaï Chtchour. "Il n'y a pas encore de certitude absolue que tout finira bien. Mais il y a un espoir maintenant", a-t-il souligné.

Opposant à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été condamné en 2015 par la justice russe à 20 ans de camp pour "terrorisme" et "trafic d'armes", à l'issue d'un procès dénoncé comme "stalinien" par l'ONG Amnesty International.

Le cinéaste de 42 ans a passé cette année 145 jours en grève de la faim pour exiger la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens détenus en Russie.

Selon M. Chtchour, Oleg Sentsov a assez d'énergie pour travailler sur ses livres et ses scénarios "dont il envisage d'achever certains dans deux mois".

Le cinéaste ukrainien avait débuté une grève de la faim à la mi-mai pour obtenir la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens détenus en Russie, avant d'y mettre fin 145 jours plus tard, début octobre, afin, disait-il, d'éviter d'être nourri de force.

Fin octobre, le Parlement européen a décerné à Oleg Sentsov son prestigieux Prix Sakharov, récompensant "une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l'Homme dans le monde".

Le G7 ainsi que de nombreuses personnalités politiques ou du monde culturel ont appelé à sa libération.