Le cabinet d'audit BDO a été désigné administrateur et l'entreprise, basée à Belfast (Irlande du Nord), va entamer mardi une procédure d'insolvabilité devant la Haute Cour de Belfast, rapportaient lundi plusieurs médias britanniques. 

La compagnie pétrolière norvégienne Dolphin Drilling, maison mère de Harland and Wolff, peine à trouver un acheteur pour cet ancien géant de l'histoire industrielle nord-irlandaise, dont les énormes grues jaunes ont longtemps dominé Belfast.

H&W, qui faisait travailler plus de 30.000 personnes au début du XXe siècle, ne compte plus aujourd'hui qu'environ 130 employés. Nombre d'entre eux ont manifesté ces derniers jours pour tenter de sauver le chantier, appelant le gouvernement à intervenir, éventuellement par le biais d'une nationalisation. 

Ils ont décidé lundi de continuer à occuper le site, comme ils le font depuis une semaine. 

John McDonnell, ministre des Finances du cabinet fantôme de l'opposition travailliste, a mis en cause le gouvernement du nouveau Premier ministre conservateur Boris Johnson, en visitant le chantier naval lundi.  

"Nous savons que c'est une entreprise viable, nous savons que le gouvernement a des contrats navals qu'il peut lui confier pour assurer son avenir à long terme", a-t-il déclaré.

Un porte-parole de l'exécutif a toutefois affirmé dans un communiqué que le ministre chargé de l'Irlande du Nord, Julian Smith, s'était entretenu avec les différentes parties prenantes depuis sa prise de fonction fin juillet, mais qu'aucune option "viable" n'avait émergé. 

Il "a assuré qu'il continuerait à faire tout son possible pour garantir l'avenir de ce site historique et s'assurer que les intérêts des travailleurs soient protégés durant cette période difficile", a ajouté le porte-parole. 

Véritable institution en Irlande du Nord, le chantier naval a connu un déclin ininterrompu au cours des dernières décennies.

Créé en 1861, il avait bâti le célèbre paquebot Titanic, qui avait fait naufrage en avril 1912 au large de Terre-Neuve, lors de son voyage inaugural entre la Grande-Bretagne et New York, causant la mort de plus de 1.500 de ses 2.200 passagers. Le site avait également fourni près de 150 navires de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'entreprise s'était ensuite éloignée de la construction navale et travaillait jusqu'à récemment en majorité sur des projets d'énergie éolienne et de génie maritime.